Oser la rééducation périnéale !

rééducation périnéale

Sujet parfois tabou, parfois diabolisé, la rééducation périnéale me faisait une peur bleue après l’accouchement. Personne dans mon entourage proche ne l’ayant effectué, j’hésitais grandement à m’y lancer tout en sachant que j’en avais besoin. Je me posais beaucoup de questions. C’est l’envie de reprendre rapidement le sport qui m’y a finalement poussé (et aussi le risque de descente d’organes).

En quoi consiste la rééducation périnéale ?

Avant de parler de rééducation, parlons du périnée. Le périnée chez la femme fonctionne comme un hamac qui retient différents organes abdominaux : la vessie, l’utérus et l’intestin.

Le périnée est donc plus qu’utile dans notre vie courante. S’il est bien musclé il permet de ne pas avoir de fuite urinaire par exemple, de se retenir d’aller aux toilettes et permet de ressentir plus de plaisir lors des rapports sexuels. Pendant la grossesse ou si tu fais des sports où l’on sautille beaucoup (boxe française, course à pieds) il est énormément sollicité car les organes exercent une pression supplémentaire dûe au poids du bébé ou à l’effort.

Gardons l’image du hamac, pendant la grossesse le périnée se distend de plus en plus. Une fois l’accouchement passé, il ne se retend malheureusement pas tout seul et instantanément, comme tout muscle il faut l’entrainer pour qu’il revienne à sa meilleure version de lui-même.

La rééducation périnéale intervient donc à ce niveau. Elle se déroule en 10 séances, environ 6 semaines après l’accouchement, qui sont remboursées par la sécurité sociale. Bon, j’ai réalisé mes séances au bout de 4 mois et personne ne m’a tapé sur les doigts. Je ne me sentais pas prête émotionnellement d’y aller plus tôt.

Méthode manuelle ou électrostimulation ?

Comme personne dans mon entourage n’avait effectué de rééducation, je suis donc allée sur… Internet. Et comme tous les cas qui traitent de santé, la rééducation périnéale était diabolisée au possible sur les forums.

Certains parlaient même pour l’électrostimulation d’une sonde géante, avec plein de fils qui envoient des ondes très douloureuses dans notre vagin. Cela avait bien entendu eu l’effet d’assez m’apeurer pour que je repousse le début de ma rééducation.

Alors, non, la rééducation périnéale est loin d’être un acte barbare est traumatisant ! Pour avoir fais les deux méthodes, elles présentent chacune leurs avantages.

La méthode manuelle consiste à faire un toucher vaginal et à apprendre à connaitre son corps en apprenant à contracter différentes zones et en faisant des exercices divers (par exemple tenues plusieurs secondes ou serrage en deux temps). Elle permet également d’apprendre des exercices à refaire chez soi debout, assise ou allongée, à n’importe quel moment de la journée, ce qui aide beaucoup pour une rééducation efficace.

sonde vaginale saint cloud plus
Ceci est une sonde vaginale, pas un objet diabolique ♥

La méthode avec sonde vaginale permet de relier une sonde à un ordinateur par le biais de deux petits fils. Les programmes permettent de faire du biofeedback et de l’électrostimulation si besoin.

  • Pour le biofeedack, des exercices avec des courbes apparaissent sur un petit écran et on doit serrer le périnée selon les courbes. Le point positif est qu’on peut voir de façon concrète son évolution (je serre mieux car je suis mieux les courbes).
  • Pour l’éléctrostimulation, la sonde envoie une stimulation électrique sur les muscles du périnée pour les faire se contracter à un rythme et une intensité progressive, séance après séance. Un équilibrage de puissance est fait à chaque début de séance et cela n’est absolument pas douloureux. Si c’est douloureux, c’est que le réglage est trop fort et ta sage-femme ou ton/ta kinésithérapeute peut le baisser à tout moment.

Sage-femme ou kinésithérapeute ?

J’ai effectué ma rééducation périnéale avec une sage-femme. Au début, je ne savais pas vers qui me tourner (toujours avec les avis sur internet). Cependant, alors que la sage-femme peut pratiquer la méthode manuelle et la sonde, les kinésithérapeutes ne pourront généralement que pratiquer la méthode avec sonde.

De plus, je me suis dis que la sage-femme avait choisi un métier d’accompagnement à la grossesse et au suivi d’accouchement, alors que le kinésithérapeute n’aimait pas forcément cette partie de son métier. J’ai donc demandé à mon médecin traitant si elle connaissait une sage-femme gentille (mon médecin étant la mieux placée pour connaitre mon aversion du domaine médical) et elle m’a conseillé une sage-femme de sa connaissance.

Je ne le regrette absolument pas. Ce que j’anticipais comme de la torture a été en fait, pour chaque séance, un moment où je pouvais m’occuper que de moi, me recentrer sur moi-même et prendre soin de mon corps. J’ai apprécié ce travail.

A mes yeux, ma sage-femme était très professionnelle, douce et humaine. Elle m’a très rapidement mise en confiance. Avec une autre personne, j’imagine que j’aurais pu abandonner en cours de route, car pour tout ce qui touche à l’intime, pour moi me sentir en sécurité, écoutée et respectée est une nécessité.

Que tu choisisses kinésithérapeute ou sage-femme, je te conseille donc de demander conseil à ton entourage ou votre médecin traitant pour être orientée au mieux.

Comme je te le disais dans un précédent article sur les choses que j’aurais voulu savoir avant la grossesse, la rééducation périnéale est l’une des choses qu’il ne faut absolument pas laisser de côté.

A propos de Intox

Intox, jeune maman de 24 ans, j'aime la vie, les gens, la cuisine (oui enfin, je ne pourrais jamais faire top-chef non plus, moi c'est la bonne grosse cuisine familiale), les mangas, le DIY, la Ben & Jerry's et perdre mon âme sur internet. Plus tard, je veux parcourir le monde à dos de licorne, car les licornes c'est quand même trop la classe.

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