Attendre pour donner la vie…

Aussi loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais voulu d’enfant. Petite déjà, je le disais à ma mère lorsqu’elle me répétait : « tu verras quand tu auras des enfants ». Oui, ben si je n’en ai pas je verrais rien maman. Je ne me voyais pas mère de famille, je ne me voyais pas les amener à l’école, jouer avec eux ou encore les punir.

Cela ne coule pas de source. Je n’ai jamais culpabilisé vis-à-vis de cela. Pour moi dans le fait de concevoir un enfant il y a un caractère irréversible : on ne peut pas revenir en arrière.
Ce n’est pas comme un contrat que l’on pourrait rompre et encore moins une maison que l’on pourrait quitter. C’est une responsabilité. Éternelle. Je ne refuse pas la maternité loin de là mais j’ai préféré attendre. Attendre sans subir. Attendre pour mieux vivre cet évènement unique dans la vie d’une femme.

Ce déclic qui ne vient pas….

Mon entourage me disait toujours : « tu verras un jour tu te sentiras prête… ». Je ne crois pas non. Je ne suis pas le genre de femme qui va faire les choses parce que j’en ressens l’envie. Je vais toujours peser le pour et le contre. Sans cesse. Pour être sûre. Parce que pour moi l’envie est quelque chose d’éphémère. Si je conçois un bébé par envie et qu’une fois qu’il est là l’envie disparaît : je fais quoi ? Pas de SAV…
Je ne fonctionne pas au déclic, la vie est bien trop courte pour faire trop de mauvais choix. Pour élever un enfant cela demande à mon sens beaucoup beaucoup plus qu’un déclic.

Ce n’est pas comme une palette de maquillage que je peux utiliser de temps à autre. Il faudra l’élever et la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Cette limite des trente ans…

Je vais avoir 28 ans l’année prochaine. Déjà. Je me vois encore 10 ans en arrière. Je suis la seule de mon entourage à ne pas être maman. Je me porte très bien. Mes anciennes copines ont fait une fixette sur cet âge-là. 30 ans et pas d’enfant. C’était leur plus grosse peur. De mourir sans avoir donné la vie.
Je n’ai jamais mais jamais compris ce délire. Loin de moi l’idée de chercher un mec pour qu’il me fasse un enfant. Maintenant. Tout de suite parce que j’ai 30 ans et que mon horloge biologique tourne !
Je pars toujours du principe que dans une relation on ne peut pas imposer à l’autre tous nos envies et nos choix il faut trouver une personne qui partage les mêmes envies et les mêmes attentes pour être sur la même longueur d’ondes.
Parfois, la maternité n’est pas une évidence. Parfois nous avançons sans s’en rendre compte, on lève la tête et on a 28 ans. Suis-je inachevée ? Suis-je inaccomplie ?

Cet égoïsme totalement faux…

La société pense toujours que l’on ne pense qu’à nous. J’ai envie de dire que c’est un peu normal puisque c’est moi qui le fait ce gamin (pas toute seule mais quand même) ! C’est vrai je suis narcissique un peu sur les bords, je m’aime bien et j’assume. Comme on dit souvent : il faut s’aimer assez pour aimer les autres. Mais je ne suis pas quelqu’un d’égoïste. Je suis quelqu’un qui connait ses limites. La maternité en est une. Je sais que pour le moment je ne suis pas apte à prendre en charge un être autre que moi. Je n’ai pas le sentiment qu’il me manque quelque chose, ni que je le regretterai plus tard d’avoir attendu. Parce qu’au-delà de l’âge, de l’horloge biologique il y a le fait de trouver la bonne personne avec laquelle construire sa famille.

Cet autre qui t’accompagnera …

Je suis une enfant de parents séparés. Mon père m’a toujours ignoré. Pour moi, l’indifférence fait plus mal que la mort car quand quelqu’un qu’on aime quitte ce monde on peut faire ce que l’on appelle le deuil. Mais qu’en est-il de l’abandon ? Comment vivre et croire en une vie de famille quand l’un des piliers décide de ne pas assumer son rôle délibérément ?

Hands on a pregnant belly

J’ai toujours voulu une histoire solide avant de me lancer dans cette grande aventure de maman. Parce que c’est avant tout aussi un choix de couple. Car les enfants, quoiqu’il arrive doivent être le fruit d’une belle histoire d’amour. Pas forcément éternelle mais unique. Il n’y a pas de bonheur parfait mais il y a des relations simples où l’on a besoin de peu pour être heureux. Mon enfant je ne pourrai peut-être pas lui donner tout mais je saurai lui transmettre l’essentiel.
Ma mère n’a jamais terni mon image de la famille, elle m’a toujours poussée à vivre de belles histoires d’amour et à construire mon foyer qui sera certainement différent du mien. Et au fil des années, au fil des épreuves et au carrefour de mes rencontres je l’ai reconnu. Cette personne qui m’accompagnera et avec elle si la vie m’offre la possibilité de donner la vie je saurai accueillir cette nouvelle comme cadeau et non pas comme un fardeau.

Quel est ton rapport à la maternité ? Comment l’envisages-tu ou l’as-tu envisagé ?

Photos : Stockvault – Pixabay

A propos de Sandra

Bientôt trentenaire mais toujours fan de maquillage, coiffure, thriller psychologique et de pâtisserie ! J'écris souvent sur le thème des relations, de l'amour ou de la famille pour partager mes expériences et surtout rassurer les lectrices : OUI on peut finir par trouver le bonheur :)

8 commentaires sur “Attendre pour donner la vie…

  1. mag

    Je dis OUI
    Autour de moi quasi toutes mes amies ont un bébé.
    Et j’entends sans cesse que maintenant que je suis installée avec mon homme ça y est faut faire un bébé. Tout le monde me demande!!
    C’est lassant. Nous ce qu’on veut c’est bouger voyager quand on aura un peu de sous. Le reste sera pour plus tard ou pas … peut importe l’âge

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    1. Sandra

      C’est clair que les gens ont un schéma défini dans leur tête alors ils pensent qu’on va forcément les suivre 🙂 Moi mon entourage a arrêté car j’ai déjà mis le hola là dessus car c’est ma vie après tout ^^ tu as raison, tu l’auras quand tu veux et surtout si tu veux !!!

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  2. Windy

    Le nombre de fois que ma mère m’a aussi dit « tu verras, quand tu auras des enfants » et que moi je me dis (et lui dis) « si, j’ai des enfants »… Autant avant, je me disais que c’était le cycle naturel : finir mes études, trouver un mec, rester avec, se marier (parce que pas de bébé sans mariage ahaha), ensuite avoir un enfant.. puis un deuxième et enfin un troisième (fille – garçon – fille aurait été ma combinaison idéale) et puis… avec le temps j’ai appris à me connaitre et l’éventualité d’avoir ne serait-ce qu’un enfant est assez lointaine. Trouver la bonne personne déjà, trouver le bon moment, être sûre que psychologiquement je tiendrais pour ne vraiment pas regretter par la suite… Je suis bien contente de pas être dans une relation solide/sérieuse pour l’instant car mon entourage ne s’acharne sur moi que sur la question du « mais pourquoi tu n’as personne ? tu fais la fine bouche hein… » et comme je suis déjà rodée sur mes réponses et mon je-m’en-foutisme à ce sujet, je les laisse parler dans le vent ^^

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    1. Sandra

      Oui c’est ça « un cycle naturel » mais moi honnêtement j’y ai jamais pensé ! Et si j’en fait ce sera qu’un et unique c’est sûr on ne m’y reprendra pas deux fois !!! Oh; ils se lasseront bien, ma mère s’est habitué à me voir enchainer des conquêtes ou à rester sans avoir l’envie forcément d’être en couple …
      Mais bon, tout le monde aura quelque chose à dire quand tu n’es pas dans le « moule » , je ne me gêne pas pour dire sur mon ton très désinvolte que je m’en fou c’est ma vie 🙂

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  3. Laura

    Pour moi, le plus frustrant ce sont les amies. Celles que je connais depuis le plus longtemps ont commencé à former leur famille et depuis la relation n’est plus la même. Elles ne parlent que de leur progéniture, de leur copain/mari et si leur bonheur me fait extrêmement plaisir, les petits commentaires et les jugements qu’elles peuvent avoir parce que je ne fais pas partie de « leur club » sont parfoos vexant. J’ai donc préféré créer d’autres amitiés. Parce qu’à les entendre, c’est presque de ma faute si je n’ai pas d’enfant. Je ne me suis jamais posé la question d’en avoir ou pas, juste de trouver la bonne personne avant. Je ne vais pas faire un enfant au bout de quelques mois juste pour connaître la maternité, surtout qu’après, si c’est pour retenir l’autre ou continuer sans… Non merci.

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    1. Sandra

      C’est clair, celles qui ont changés et qui ne parle que de ça aussi ça me soule !! Comme si il fallait qu’on s’y mette pour les déculpabiliser un peu … c’est pour ça que j’ai un blog, je parle de mes états d’âme là bas et dans ma vie quotidienne je continue mes activités ! Tu as eu raison de créer d’autres liens avec des personnes qui te ressemblent et de ne pas te lancer dans la maternité sans certitude ou utiliser cet enfant pour retenir l’autre mois aussi très peu pour moi !

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  4. Intox

    Petite j’en voulais, puis après l’adolescence et les déboire de ma famille je n’en voulais plus (car bon être lié à un homme toute sa vie, homme qui n’assumera peut être pas et qui fera peut être du mal à un petit être innocent non merci). Outre le fait que j’ai en permanence peur de perdre les pédales et de moi même pouvoir faire du mal à un enfant. Et puis c’est venu comme ça, sans le vouloir et au final je ne regrette rien.

    Par contre, moi personne ne veut comprendre que je n’aurais qu’un enfant, et que je suis très bien comme ça. On arrête pas de me demander  » A quand le petit frère ? »  » Mais tu n’en voulais pas, tu en as un tu es débloqué non ?  » Bah non, ma famille me suffit comme ça.

    Alors je suis maman, mais par contre tous les trucs du style  » mais tu peux pas comprendre, tu as pas d’enfant  » ou alors  » mais moi j’existe que pour mes enfants  » ou encore  » MAIS SI LA GROSSESSE C’EST MERVEILLEUX et L’ACCOUCHEMENT ? TROP COOL !  » , « Mais deux enfants y a pas mieux, d’ailleurs vous vous marier quand ?  » et les gens qui me parlent de ça tout le temps CA ME SOULE x) j’aime être maman, j’aime ma fille mais bordel la maternité ça me soule xD

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    1. Sandra

      MERCI ! ça fait du bien de voir des personnes qui sont mères et qui en parlent de manière décomplexée !! Moi aussi, si j’en fais un c’est un. Sauf si la vie m’en donne plusieurs en même temps lol ! Tu as bien raison toutes ses réflexions incessantes qui sont reliées à leurs propres expériences c’est gonflant ! Je sais que je ne vais pas apprécié la maternité aussi, que je ne ferai pas de famille nombreuse ou encore que je n’allaiterai pas et ce sera MON choix un point c’est tout 🙂

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