[TÉMOIGNAGE] Se relever seule…

se relever seule

On n’a pas toutes la chance d’avoir des amis qui peuvent nous soulever quand on tombe plus bas que terre. Parfois, même souvent, on a le devoir de se relever seule. Je dis devoir parce que rester dans la souffrance pour moi c’est un choix. Choisir de rassembler ses dernières forces, ses dernières armes pour un ultime combat n’est pas une chose facile à faire.

Toutes les décisions les plus importantes de mon existence, je les ai prises seule. J’ai assumé les conséquences et j’ai savouré timidement mes victoires. Car surmonter seule les épreuves de la vie, ce n’est pas de tout repos et lorsqu’on gagne : on lâche prise, on souffle et on remercie cette bonne étoile.

Alors, j’ai décidé de partager ses instants où je pensais ne jamais voir le bout du tunnel, ne jamais pouvoir sortir de cette spirale toute seule.

Oui, on n’a pas tous la chance d’avoir LA bande d’amis qui nous accompagne mais avec nos propres ressources : on peut y arriver.

Gérer une rupture amoureuse

Je parle de THE séparation. Celle qui nous arrache les larmes à la moindre chanson, celle où on ne fait plus la différence entre le jour et la nuit, enfin celle où on pense ne jamais s’en remettre.

Je suis pour vivre cette profonde tristesse. Il faut évacuer ce poids. Car, toute séparation même si elle est désirée reste une épreuve douloureuse. Même celle « que l’on attendait » nous plonge parfois dans une remise en question totale.

J’ai mis véritablement 5 ans à oublier mon plus grand amour. Le fameux premier amour, celui qui influencera même inconsciemment nos prochaines relations. Même si j’ai eu d’autres « relations pansements » comme on dit, j’ai vraiment plus rien ressenti au bout de 5 longues années… Une torture. Mais « le chagrin amoureux est l’une des plus éprouvantes blessures que nous ayons à combattre car il doit être vaincu seul et surtout dans le plus grand des silences. »

Pour moi, il est important d’écouter ce que l’on ressent dans ce moment-là : si on a envie de sortir, de bouger, de crier on le fait. Au contraire, si on a envie de pleurer, de ruminer, d’écouter en boucle « Stay » de Rihanna on peut le faire aussi.

se relever seule

Seulement la règle était claire pour moi puisque personne n’allait venir me secouer : c’est que je ne devais pas revenir dessus. Si je passais des semaines, voire des mois à pleurer : une fois que c’était fini, c’était fini. Je m’interdisais de replonger les jours suivants l’accalmie. J’ai craqué quelques fois encore et puis j’ai continué ma vie. Je me suis dit que les plus profondes blessures prennent du temps à cicatriser et qu’il ne fallait pas mettre ma vie sur pause.

Je me suis interdite aussi de généraliser : tous les hommes ne sont pas des c***** et on a le droit de ne plus être amoureux et il faut savoir pardonner.
Il faut savoir se dire que personne ne peut nous promettre l’amour éternel et que c’est un sentiment tellement imprévisible. Je ne suis pas le genre de fille qui a besoin d’être rassurée parce que j’étais heureuse seule avant d’être comblée en couple. C’est un bonheur supplémentaire de vivre une histoire d’amour pas une nécessité.

Gérer un échec professionnel

Comme je l’ai déjà écrit, j’ai eu un parcours scolaire classique avec très peu de périodes d’inactivité mais j’ai connu tout de même des déceptions.
Il faut savoir que je suis quelqu’un de très professionnelle et dévouée dans mon travail. Je suis toujours celle qui dépanne tout le monde sans rien demander en retour et en étant toujours franche également.

Il m’arrive quand même des couacs au boulot et cela me touchait énormément en début de carrière. J’écris au passé parce que j’ai changé car j’ai vu que finalement les autres s’en foutaient royalement de mon état.

Dans le cadre professionnel, c’est difficile de gérer seule parce que même si on vide son sac on est obligé de supporter la tête de la personne au quotidien. Chaque jour, on est obligé de repenser à cette altercation et surtout à faire avec. Parce que l’on n’a pas toujours le choix de quitter son travail (surtout quand on a eu un concours hyper difficile !)

J’ai décidé de relativiser : mes collègues ne sont pas mes amies et à part pour des questions professionnelles je n’ai rien à leur dire du tout. On ne peut pas avoir une bonne ambiance de travail à tous les coups et il arrive encore que des gens vous fassent des crasses en 2016.

Je passe le moins de temps possible avec eux en dehors de mes permanences au service parce que vu mon degré de maîtrise, je risque fort d’être méchante (et de ne pas le regretter). Comme je dis toujours il ne faut pas en vouloir aux gens lorsqu’ils agissent de manière à confirmer la mauvaise opinion que nous avons d’eux.

Gérer la mort d’un proche

Ma grand-mère est partie lorsque j’avais 19 ans. J’étais seule ici, ma famille vivant encore à cette époque à la Réunion. Ce sera toujours mon plus gros manque, ma plus grande tristesse, le vide le plus intense.

Seule, cela n’a pas été évident de se dire qu’il faut continuer… Parce que la mort est une chose tellement imprévisible, tellement douloureuse quand on est loin. J’ai mis du temps à pleurer, du temps à réaliser qu’elle ne me verra pas me marier, avoir des enfants ou même être diplômée, moi sa première petite fille.

J’avais ma soutenance de mémoire le lendemain de l’annonce de sa disparition et je ne pouvais pas annuler. J’ai informé mon tuteur que je ne serai pas au top de ma forme et il a été compréhensif. L’un de membres du jury à la fin de ma présentation m’a alors posé cette question : « nous avons appris le décès d’un proche parent, pensez-vous que votre place est parmi nous aujourd’hui ? »

se relever seule deuil

J’ai mis un temps à répondre, parce que justement j’ai passé toute la nuit à me torturer l’esprit à savoir si je devais rentrer ou pas. A savoir si justement cette soutenance était plus importante que ma grand-mère. J’ai alors répondu que ma place est là où je veux qu’elle soit, que mes choix seront toujours discutables quoique je fasse mais qu’avant tout ce qui compte c’est que je sois en accord avec ce que je décide et que j’assume pleinement mes décisions.

Savourer sa victoire seule

La vraie satisfaction c’est que j’ai cette chance de dire que je ne dois rien à personne. Que je n’ai jamais rien demandé même dans la détresse absolue.
C’est toujours plaisant de reprendre sa revanche sur la vie qui peut ne pas être tendre parfois.
Par contre, tout n’est pas surmontable seule. J’ai parfois envie de partager quelques poids mais avec le temps j’ai pris l’habitude de ne pas déranger les gens et surtout de ne pas les relancer.

Je ne dirais pas que je suis solitaire car je fais un métier très social, j’ai toujours du monde chez moi mais plutôt que je suis devenue débrouillarde. Je vais d’abord puiser dans mes propres ressources avant de solliciter mon entourage pour m’aider.

J’ai appris au fil des années et de mes amitiés avortées qu’il y a très peu de gens au final qui t’accompagne tout au long de ta vie, qu’il y a des périodes où on va devoir s’en sortir seule et d’autres périodes où l’on aura la chance d’avoir quelqu’un près de soi.

Quoiqu’il arrive, il faut vivre chaque instant pleinement car certes tout ne s’explique pas toujours mais tout a un sens. Alors si pour une épreuve tu dois la vivre seule c’est qu’il devait être ainsi. Tout simplement et nul ne doute que tu y arriveras.

Quelle est la plus grande crise que tu aies eu à surmonter ? Comment as-tu fait ?

Photo : Gentside

A propos de Sandra

Bientôt trentenaire mais toujours fan de maquillage, coiffure, thriller psychologique et de pâtisserie ! J'écris souvent sur le thème des relations, de l'amour ou de la famille pour partager mes expériences et surtout rassurer les lectrices : OUI on peut finir par trouver le bonheur :)

3 commentaires sur “[TÉMOIGNAGE] Se relever seule…

  1. Madagascarian

    coucou,

    je viens de découvrir ton blog, ton univers et ton texte, qui est absolument sublime, je ne le dit pas pour faire genre ou pour « laisser une trace » mais ton texte m’a ouvert les yeux, je vis actuellement quelque chose que toi aussi a vécu apparemment et franchement c’est atroce, c’est douloureux et tout comme toi, je n’ai personne pour me rassurer de ce côté là, j’avais une amie mais je l’ai perdu il y’a longtemps de cela.

    Ton article est très touchant, ça donne du courage, ça change de ce que je vois d’habitude et ça m’a surtout permis de savoir que je ne peux pas baisser les bras, avancer est ma seule solution et merci infiniment pour ton texte, j’ai ADORÉE !

    bonne continuation, ravie d’avoir découvert ton blog ! des bisous 🙂

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    1. Sandra

      Merci beaucoup pour ton petit message cela me fait plaisir ! Ce n’est pas mon blog mais un webzine sur lequel plusieurs rédacteurs écrivent régulièrement dans son domaine de prédilection !
      Je suis contente que tu aies pu trouver un peu de courage dans ce que j’ai écrit car j’ai voulu témoigner justement pour dire qu’on peut réussir en étant seule sans l’aide de qui que se soit. Les gens changent et nous quittent parfois mais il ne faut pas baisser les bras comme tu le dis si bien …

      Bonne continuation également et merci encore.
      Bises

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  2. Windy

    Ton article m’a fait penser à une scène qui m’avait marqué dans Sailor Moon (manga/dessin animé), on voit une petite fille qui marche, main, dans la main avec ses parents et puis elle tombe. Sa mère et son père la laisse au sol, elle sanglote, ne comprenant pas pourquoi et puis ensuite, la mère explique gentiment à sa fille qu’ils ne seraient pas toujours là pour l’aider et qu’il faudrait qu’elle apprenne à le faire toute seule. Et c’est un peu comme ça que je vois les choses désormais. Quand on se casse la figure, on doit d’abord puiser en soi pour trouver la force et si on a de la chance, d’autres personnes serviront de béquille. Sinon, tant pis !
    Cinq ans quand même pour se remettre d’une histoire… ça me semble fou et tellement long. J’ai toujours envie de précipiter cette étape, de passer à autre chose. Chacun réagit différemment quant au deuil d’une relation et je dois reconnaitre que… rien que pour cette partie là, être dans une relation m’angoisse. Je ne peux pas m’empêcher de penser à la fin à chaque fois et à comment je vais réagir… Ai-je déjà dit à quel point j’étais défaitiste ahaha ?!
    Quant au deuil même… je ne l’ai jamais ressenti. Personne d’assez proche de moi ne m’a quitté pour le moment et me connaissant, j’ai tellement peu de personne dans ma petite bulle que le jour où ça arrivera (malheureusement) je serai au plus profond du gouffre. J’espère qu’à ce moment-là, les mots que tu as écris raisonneront en moi pour me donner un peu de courage !
    « L’homme nait seul et meurt toujours seul » (Sailor Moon -> mine de rien, on apprend beaucoup de choses dans un dessin animé !)

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