[TÉMOIGNAGE] J’ai fait un bore-out !

bore out ennui au travail

C’est vrai que je suis une accro au travail. Je le vis bien pour l’instant étant sans enfant, je n’ai donc pas d’aménagement à faire. Parler de burn-out est chose courant, c’est devenu un fait de société d’être surbookée au point de se rendre malade. Mais le contraire existe bien : le bore-out soit l’ennui au travail dont on parle peu. Je ne parle pas d’une demi-heure dans la journée où on se retrouve sans rien faire mais bien de longues journées où on a strictement aucune tâche à accomplir. Certes, les premiers temps on se sent bien : on peut faire ce que l’on veut, on a le temps pour soi mais un moment donné on se pose des questions sur ses compétences, ses connaissances et surtout son utilité ?

Ce sentiment de ne servir à rien

Je fais un métier en relation avec le public et je suis soumise à la fréquentation du service donc fatalement quand personne ne pousse la porte de mon bureau : je n’ai rien de concret à faire. Quand c’est ton premier « vrai » poste, c’est un peu normal d’avoir des périodes de flottements puisque tu t’adaptes dans cette nouvelle structure, le temps de prendre tes marques etc. Parfois ça dure… Et personne ne te donne des consignes exactes, personne ne te guide et surtout personne ne vérifie ton travail.

Pour ma part, j’ai été très surprise au début. J’ai connu des chefs assez tyranniques (je ferai un article complet là-dessus) qui étaient très présents, qui vérifiaient le moindre document et pouvaient t’humilier devant une assemblée de 100 personnes.

Et là rien. On m’a dit de reprendre le travail de l’ancien salarié : mais que faisait-il exactement ? Quelle était son organisation ? Quelle était mon périmètre ? Je suis sa remplaçante mais je ne travaille pas forcément de la même manière.

Je me suis posée beaucoup de questions dont l’une principalement : j’ai donc fait tant d’études pour en arriver là ? Pour ne quasiment rien faire quand il n’y avait pas de fréquentation ? Peut-être que certains trouveront cela normal et préféreront cette situation à celle du burn-out mais pour moi c’est tout aussi grave de s’ennuyer au travail. Car on est de plus en plus démotivé, on est stressé, on se dévalorise au fur et à mesure. Enfin, le plus dur c’est d’en parler autour de soi car on passe pour la personne qui se plaint alors qu’elle a un travail : certes mais à quel prix ?

Cette culpabilité de se plaindre

Dans notre société nous n’avons pas toujours le droit de se plaindre quand nous avons un emploi. L’essentiel c’est de travailler même si cela implique l’ennui. J’ai eu de nombreuses remarques du genre : « c’est cool tu peux faire ce que tu veux ! » ou encore « tu as le temps de faire un bébé ! » je ne crois pas non…

J’avais l’impression de ne pas avoir le droit de ressentir cette lassitude de ne rien faire et de ne pas savoir mes missions précises. Pour les autres c’était une bénédiction, un instant de répit même : pas pour moi. L’important  pour mon entourage était de percevoir un salaire et puis c’est tout. Que je ne sois pas épanouie dans mon quotidien était secondaire. Aimer ce que l’on fait est quelque chose de légitime. Logique. Et moi je n’avais rien à aimer puisque je n’avais rien à faire.

bore out ennui au travail

Le pire c’était lorsque le service était fermé et que je ne pouvais pas encore prendre de congé : j’étais seule sans rien faire. C’était vraiment frustrant, j’avais beau demander quoi faire, rien n’y faisait… J’ai souvent pensé à partir, parce que j’ai besoin d’un métier qui bouge et j’ai cette envie d’apprendre et de me perfectionner. J’avais cette sensation de « gâcher » mes acquis en restant-là et en attendant quelque chose et au fil de ma réflexion j’ai décidé d’agir…

Prendre des initiatives

J’ai donc commencé à anticiper les tâches et ne pas attendre que l’on me demande quelque chose. Je faisais la mise à jour documentaire, je vidais les placards ou encore faisais le tri dans les vieux fascicules qui ne servaient plus à rien. J’ai aussi développé d’autres compétences puisque j’avais le temps de m’entraîner comme au niveau des outils informatiques (Photoshop, InDesign etc).

Et puis il y a eu l’évènement qui a sauvé ma pseudo carrière professionnelle : mon poste a été mis au concours. Externe. Cela voulait dire que n’importe qui pouvait prendre ma place. Et parce que j’étais sur le poste tout le monde trouvait logique que je passe le concours. Je m’y suis inscrite évidemment mais j’ai postulé ailleurs pour assurer mes arrières. J’ai donc passé mes journées à m’entraîner pour ce concours à 3 épreuves où il fallait avoir une culture générale solide et bien maîtriser les missions du poste.

J’ai commencé à apprendre plein de choses, j’ai eu des encouragements de la part de mes collègues et de ma responsable et cela m’a fait du bien. Après avoir réussi les épreuves écrites et en attendant l’oral j’ai candidaté sur un poste qui m’intéressait depuis un moment déjà et quand j’ai lu la fiche de poste : j’ai cru tomber à la renverse tellement il y avait à faire. Ma candidature a été retenue après 3 phases de recrutement la veille où je passais les oraux de mon concours au moins j’avais mon plan B en cas d’échec du plan A. Entre temps, j’ai eu l’occasion de discuter avec ma responsable des missions que j’aurais à faire si j’obtenais la titularisation et la réponse fut sans appel : rien ne changerait, je poursuivrai les mêmes tâches.

Silence.

Je me suis lancée. Je lui ai dit que j’aimerai plus de responsabilités, plus d’interventions dans les filières et de plages d’accueil du public car pour moi je n’en faisais pas suffisamment. Elle a bien noté tout cela dans mon dossier et on s’est promis de se revoir si j’obtenais le concours.

bore out ennui au travail

C’est comme ça que depuis deux ans j’ai connu le burn-out ah ah ah ah. Sérieusement, après avoir vidé mon sac, je me suis sentie beaucoup mieux et maintenant je gère un site toute seule et j’ai fait un gros travail de communication pour sensibiliser les étudiants sur les missions de nos services et je n’ai plus de répit. Je me sens mieux, je n’ai plus une minute à moi et j’adore ça. C’était important pour moi de lui dire que je perdais confiance en moi au fil des jours parce que je n’avais pas d’objectif. 

J’ai voulu partager mon expérience pour montrer qu’il est important de poser les mots sur ce mal être qu’est l’ennui au travail. Certes, on ne peut pas toujours aimer ce que l’on fait mais il faut être en accord avec soi et avec ses valeurs. Surtout ne pas hésiter à en parler aux personnes qui pourront contribuer à améliorer tes conditions de travail et ne désespère pas c’est toujours un moment qui ne dure pas très longtemps malheureusement !

Exerces-tu un travailles qui te stimule quotidiennement ? As-tu déjà connu le bore-out / ennui au travail ? 
Exprime-toi dans les commentaires ! 

 

A propos de Sandra

Bientôt trentenaire mais toujours fan de maquillage, coiffure, thriller psychologique et de pâtisserie ! J'écris souvent sur le thème des relations, de l'amour ou de la famille pour partager mes expériences et surtout rassurer les lectrices : OUI on peut finir par trouver le bonheur :)

2 commentaires sur “[TÉMOIGNAGE] J’ai fait un bore-out !

  1. sarrousse

    Olala comme je te comprends ! J’ai connu exactement la même chose. J’ai été embauché pour faire de la formation sur un nouveau logiciel lancé par ma boîte sauf qu’on avait pas de clients. Et qu’en plus, tous mes collègues voyaient mon écran donc difficile de faire autre chose. Quand je me suis surprise à regarder le reflet des voitures passer dans mon écran, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête !
    Et tu as raison, c’est très dur d’être entendu. Les gens se moquent.
    Ravie que tu sois en burn-out maintenant 🙂

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  2. Marie Kléber

    Merci beaucoup pour cet article qui colle parfaitement à mon ressenti du moment. J’ai un poste d’assistante de direction, normalement un poste fourni, mais depuis quelques semaines je m’ennuie. Et ce n’est pas faute de chercher des choses à faire.
    J’attends quelques mois car l’activité devrait être plus dense. Mais si c’est pour n’avoir de travail que 6 mois de l’année, je préfère partir sur un nouveau poste, dans une nouvelle société. J’ai besoin que mes journée soient riches et occupées.

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