Prendre son indépendance

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Dans ma culture et mon éducation, c’est un passage obligé. Ce n’est pas quelque chose que j’ai choisi. J’ai dû par la force des évènements prendre mon indépendance.Je ne fais pas partie d’une famille où je pouvais rester le temps de mes études ou encore le temps de trouver mon appartement. Chez nous c’est à 18 ans que l’on part peu importe sa situation. Me voilà, presque 10 ans plus tard. Prête à raconter ce périple de ma vie où j’ai traversé bien des tempêtes sans perdre espoir qu’un jour j’y arriverai.

J’ai voulu partager cet instant-là de mon parcours parce que bien trop souvent les gens me jugent comme une femme arrogante, hautaine et qui se la raconte beaucoup mais les gens ignorent les chemins par lesquels je suis passée. On oublie trop souvent de savourer ses victoires, de prendre le temps d’apprécier ce pourquoi nous avons travaillé. Aujourd’hui, j’apprécie enfin.

Indépendante mais pas pauvre

Les personnes qui me connaissent savent que je n’aime pas parler d’argent. Pour moi, c’est un faux problème et je ne suis pas dépensière pour autant. Être indépendante financièrement m’a permis d’être responsable, d’anticiper les divers dépenses et surtout d’entamer des projets comme l’achat de mon appartement ou encore le mariage.

Je n’ai jamais demandé un centime à mes parents, j’ai voulu me construire seule et ne dépendre de personne d’autre que moi sur le plan financier. Même aujourd’hui j’ai dû mal à demander quelque chose à mon futur mari. Quand on a pris l’habitude de se débrouiller seule, on n’a pas toujours les mots pour demander de l’aide…

Petit à petit j’apprends à solliciter mon conjoint, à planifier mes dépenses pour les divers travaux, pour ma décoration de mariage etc. J’essaie de penser à deux plutôt qu’à moi comme je l’ai toujours fait depuis que j’ai une bourse. Cela a été la plus grosse épreuve de couple car je n’avais pas l’habitude de gérer un compte-joint mais j’y parviens de plus en plus.

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Indépendante mais pas solitaire

Ce n’est pas une nouveauté : j’ai un peu de mal à me lier aux gens. Lorsque je suis arrivée en métropole il y a maintenant 10 ans (déjà) j’ai cru que c’était comme chez moi : tout le monde parle avec tout le monde. Naïve. Totalement naïve. Honnêtement, je n’ai pas tissé de lien intime avec une personne métropolitaine. Même pas une compatriote. J’ai toujours cette impression qu’il y a une barrière. Un manque de spontanéité dans l’échange.

Au fur et à mesure, j’ai baissé les bras : j’en avais assez de toujours être celle qui va s’impliquer et surtout celle qui se brûlait les ailes.

Être indépendante m’a permis déjà de faire des activités seule, je n’ai pas peur d’aller au cinéma, à un spectacle avec moi-même. Je traîne volontiers dans les magasins et là j’organise bien mon mariage sans une bande de copines autour de moi.

Je ne vous cache pas qu’il y a des choses qui me manquent. Surtout les choses bêtes comme mon enterrement de vie de jeune fille. J’ai toujours voulu un truc de ouf où je serais déguisée, avec des stripteaseurs (pardon chéri) et déambuler dans les rues. Mais il est évident que je n’aurai pas tout cela. C’est clair.

Le côté émotionnel me manque, le fait de ne pas pouvoir écrire que j’ai connu une amitié sans limite, un lien profond et une confiance absolue en une personne. Lorsqu’il m’arrive quelque chose j’appelle spontanément ma mère ou mon copain : rarement une amie…

Quand on est trop indépendante, on a cette image d’une femme qui n’a pas besoin de s’épancher puisqu’on résout ses peines… seule la plupart du temps.

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Indépendante mais pas égoïste

Je pense constamment aux autres. Tout le temps. Ce n’est pas simple car quand on a ses petites habitudes il faut s’adapter à son entourage.

J’ai certes un côté narcissique mais je ne pense pas qu’à moi. J’essaie d’être tolérante (ce n’est pas facile !) et je dois dire que le mariage a mis un frein à cette liberté que j’avais. Parce que c’est un évènement où il faut faire constamment des compromis, des ajustements ou encore des concessions. Surtout avec deux cultures différentes.

Cela m’a calmée : j’ai pris conscience que je n’étais plus seule. Que j’ai ma propre famille maintenant. Que je n’étais plus obligée de porter seule mon fardeau.

La vie n’a pas été tendre avec moi, j’ai traversé des périodes très sombres et très jeune. Être indépendante m’a permis de me relever plus rapidement, de relativiser car je me disais toujours « j’ai connu pire » mais cela ne résout pas tout…

On ne peut pas vivre selon moi toute son existence seule et avoir peur de souffrir en prenant le risque d’aimer. Je trouve dommage de se poser des limites car on perd énormément de temps à bâtir cette carapace, à construire ses barrières qui nous cachent de belles rencontres. On sera toujours maître de son destin, toutes nos décisions nous appartiendront toujours il faut juste trouver cet équilibre entre sa liberté et son besoin de l’autre.

L’indépendance a ses limites :  marcher seule c’est bien mais marcher à deux : c’est beaucoup mieux.

Comment as-tu vécu ton indépendance ? Cela a-t-il été simple ? Qu’elles leçons en as-tu tiré ?
N’hésite pas à partager ton expérience !

Photos : StockVault

A propos de Sandra

Bientôt trentenaire mais toujours fan de maquillage, coiffure, thriller psychologique et de pâtisserie ! J'écris souvent sur le thème des relations, de l'amour ou de la famille pour partager mes expériences et surtout rassurer les lectrices : OUI on peut finir par trouver le bonheur :)

2 commentaires sur “Prendre son indépendance

  1. Windy

    C’était poignant à lire Sandra ! Aucune histoire ne se ressemble mais encore une fois, on se retrouve sur certains points ! Je suis partie à 18 ans aussi mais plus par nécessité que obligation. Et maman n’ayant pas du tout les moyens de m’aider, la bourse a été ma meilleure amie jusqu’à ma dernière année à la fac. Ça apprend très vite composer avec ce que l’on a, des faire des économies sur certaines choses sans pour autant se priver. Je me suis rendue compte, en contact avec mes amis et connaissances qu’on n’a pas le même rapport à l’indépendance. Pour beaucoup, c’est être parti(e) de chez papa-maman mais tout de même recevoir un petit virement tous les mois. Après, c’est chacun sa chance et je ne critique pas ces personnes mais c’est vrai que du coup, ça me fait doucement sourire. Mais c’est vrai que du coup, ta phrase « Quand on a pris l’habitude de se débrouiller seule, on n’a pas toujours les mots pour demander de l’aide… » résonne très fort en moi ! Cela ne s’applique que du côté financier, je dois le reconnaître car du côté amitié, je me suis entourée d’une poignée de personnes ahaha parce qu’il fallait que je sois indépendante socialement de ma famille…
    On reparlera dans quelques années de comment cette indépendance a des effets sur mon couple parce que pour l’instant, ça n’a pas lieu d’être !
    Par contre, du coup, je suis triste que tu ne puisses pas avoir ton enterrement de vie de jeune fille comme tu le souhaiterais. Je sais qu’il faut faire des concessions parfois mais si tu sondes ton entourage, tu es sûre de ne pas pouvoir trouver deux trois personnes prêtes à te suivre dans une soirée de folie ? (Même si je me dis qu’en France, trouver des strip-teaseur à la hauteur des américains, ça doit être compliqué ahahaha)
    J’aime bien (ironie) ces gens qui se permettent de juger alors qu’ils ne connaissent pas le passé des autres. J’ai toujours trouvé ça insupportable et totalement hautain en fin de compter (peut-être aussi parce que je suis souvent la cible de ces jugements ahaha). Ce n’est pas être hautaine, c’est connaitre sa valeur, ce qu’on peut et sait qu’on a vécu et qu’on peut supporter. Enfin bref.. Je m’éloigne du sujet ! Quoi qu’il en soit, j’espère avoir le recul que tu as dans quelques années pour pouvoir changer les choses, si besoin !

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    1. Sandra

      Merci Windy 🙂 Pour l’enterrement de vie de jeunes filles, je n’espère pas trop tu sais ! J’ai bien une amie proche de la Réunion qui m’a dit vouloir l’organiser pour moi mais je ne demande rien de spécial cela se passera à mon avis très calmement : c’était juste un délire comme ça que j’ai toujours eu !
      Malheureusement, il y a beaucoup plus de gens qu’on ne le pense qui se permettent de juger sur l’apparence et le comportement d’une personne à l’instant T alors que plusieurs paramètres entre jeu, tu as bien raison c’est bien parce que je connais ma valeur que je me permets d’agir ainsi et puis je peux bien me la raconter un peu quand même !!!

      J’espère aussi qu’avec les années tu pourras en retirer les leçons de cette indépendance précoce et surtout lâcher du lest parce que ce n’est pas facile à faire … Dès fois, je me revois encore composer avec ma petite bourse et calculer si je pourrai m’acheter un mp3 ou un rouge à lèvres ce mois-ci. Mais, chaque chose en son temps et je ne doute pas que tu puisses avoir une bonne distance plus tard en profitant de ce que tu auras !

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