[TÉMOIGNAGE] Différences culturelles : composer avec sa belle-famille

Composer avec sa belle famille balade plage

Ce ne sera pas un article où je vais déverser ma haine (quoique !) envers ma belle-famille. Parce que je ne suis pas ce genre de femme mais aussi par respect pour mon futur mari. Je vais plutôt axer mon billet sur ce qui m’a réellement touché et comment j’ai surmonté ces évènements pas forcément faciles à aborder.Encore une fois, je relate ici ma propre expérience et je ne généralise pas du tout. Je ne veux pas jeter la pierre à qui que soit et d’ici-là les choses peuvent s’arranger (ou pas). Il n’y a pas de quiproquos, il n’y a justement rien entre nous.

L’avantage (ou l’inconvénient) c’est que j’ai connu beaucoup de belle-famille (sans commentaire c’est dur de trouver l’amour !) et j’ai toujours eu un bon voir très bon rapport avec eux. Mais, le petit bémol c’est la différence de culture car j’ai eu la chance d’avoir qu’une seule belle-mère réunionnaise et elle demeurera irremplaçable. Il n’y a eu personne d’autre d’aussi spontanée, joyeuse, émotive et honnête qu’elle. J’ai beau avoir quitté son fils depuis maintenant 7 ans dès que je suis en vacances je ne manque pas de lui faire un petit coucou et notre complicité repart au quart de tour.

Quand on est avec un métropolitain les relations ne sont pas toujours très chaleureuses. Ce n’est pas le même rythme de vie, la même ambiance, les mêmes délires. Je m’entends très bien avec eux mais je sens une petite réserve. Quand je les vois c’est toujours la rigolade mais en dehors des repas : je ne les vois pas du tout. On ne fait rien ensemble, on ne partage même pas une tasse de thé, ni même un sms pour savoir si l’on est encore en vie. Ce qui me dérange c’est l’absence de lien, d’activités tous ensemble comme un pique-nique ou une sortie.

Alors, si cela peut t’aider à relativiser et à te dire que malgré les différences on peut quand même s’aimer : tu peux continuer la lecture de mon article !

La place de la famille

Chez nous c’est sacré. Chaque dimanche sans exception j’étais chez ma grand-mère, c’était comme ça et pas autrement. Je me souviens de l’odeur provenant de sa cuisine, des journées chaudes passées sur sa terrasse ou encore des heures passées assise pour qu’elle me tresse les cheveux. Tout le monde trouvait un moment pour passer la voir même cinq minutes et j’ai toujours été ravie de voir tant de membres de ma famille autour d’elle.

Ici, on se réunit plutôt pour un évènement par exemple un anniversaire mais pas de manière spontanée. Il faut souvent planifier, demander l’autorisation de passer chez l’un ou l’autre : on peut rarement débarquer comme ça et espérer se faire offrir un repas. Je n’ai jamais compris pourquoi il fallait « inviter » concrètement sa famille, j’étais pour ma part toujours prête à accueillir ou à recevoir. Maintenant, au bout de 10 ans je me suis faite à cette organisation, j’essaie d’inviter régulièrement ma belle-famille mais nous sommes rarement invités en retour vu qu’ils ne sont pas habitués à ce rythme. Au début, cela me faisait peine, de voir que les gens n’avaient pas envie de partager un moment convivial en famille mais au fil du temps, mon futur mari m’a rassurée en me disant que c’était comme ça. Nous n’avons pas la même éducation et qu’ils n’avaient pas forcément envie de recevoir les membres de leur tribu sans préparation (et sans raison apparente).

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La franchise

Je suis une personne très franche et directe. Chez nous, quand quelque chose ne nous plaît pas ou que nous n’apprécions pas une personne : nous le disons sans détour même si c’est un membre de la famille. Je suis très connue pour mon franc parler et cela peut déranger j’en suis bien consciente. Je laisse toujours le bénéfice du doute avant de m’enflammer mais une fois que l’on m’a fait une crasse : c’est fini définitivement. Je fais aussi la différence entre la personne et le lien qui m’unit à elle. Je m’explique : ici, j’ai parfois le sentiment que l’on m’apprécie PARCE QUE je suis la femme de… et non pas en tant que Sandra à part entière.

La preuve je suis capable de garder contact avec mes anciennes belles-sœurs, beaux-frères parce que je les apprécie en tant que personne et non pas parce que j’étais avec leur frère. On est capable de se défaire du lien et de se dire les choses honnêtement.

Il est clair que je ne peux pas faire semblant d’apprécier une personne parce que c’est ma belle-sœur et qu’elle est avec mon frère : c’est humain d’avoir des affinités ou pas. Un lien, une confiance cela se crée au fil du temps et cela ne vient pas plus facilement en entrant dans une famille. Du coup, j’ai eu du mal avec ce côté « on-est-obligé-de-l’aimer » parce qu’elle sort avec mon frère/fils ou autre. Je n’arrive toujours pas à savoir si ma belle-famille m’apprécie car rien ne se dit clairement. Personne ne m’a jamais dit quoique ce soit alors que ma mère ne tarit pas d’éloges sur son gendre.

C’est moi qui ai appris ça à mon futur mari : de mettre les mots sur les sentiments etc. C’est important de savoir quelle place on tient dans la vie des gens afin de pouvoir s’améliorer.

J’avoue qu’aujourd’hui j’ai encore des difficultés à m’y faire à ce silence. Traiter les gens avec équité c’est bien mais on est tous différents : si je fais pleins d’efforts pour faire plaisir et quelqu’un d’autre ne fait rien et gagne la même reconnaissance que moi : autant ne rien faire…
Pour nous, c’est important de remercier, de dire à l’autre que l’on aime (ou pas). On ne peut pas imposer aux autres sa manière d’être mais on peut s’adapter, essayer de s’intéresser aux cultures différentes de la nôtre. De notre côté nous aimons découvrir, partager et échanger nos expériences afin de se sentir moins seule et ouvrir son esprit aux différentes possibilités et ne pas rester camper sur ses opinions.

Les commérages

Ah les petites histoires de famille : on adore ça à la Réunion ! Il y a TOUJOURS un truc qui nous arrive et que l’on DOIT raconter tout de suite que cela nous concerne ou pas ! Si j’appelle une copine réunionnaise ou ma mère cela dure généralement plus d’une heure… Ce n’est pas de la méchanceté : c’est juste que l’on aime savoir tout simplement sans forcément pour émettre un jugement juste pour savoir, par curiosité.

Alors ici… autant vous dire que je ne suis au courant de rien. Rien du tout. Même quand les gens sont malades je n’en sais rien ! On ne s’appelle pas pour savoir si on va bien, donner des nouvelles un minimum et même quand on fait une annonce : pas de bousculades, pas d’émotions, pas de félicitations. C’est encore et toujours de la retenue : pourquoi ?

Composer avec sa belle famille communication

Je reconnais que c’est quelque chose de typique dans les îles, étant un département très petit : tout fini par se savoir de toutes les manières. Nous avons l’habitude d’entendre : « untel m’a dit que tu étais souffrante » etc. Et puis cela nous permettait d’aller rendre visite (de manière spontanée évidemment) à la personne concernée, prendre de ses nouvelles et offrir un petit quelque chose de réconfortant.

Je n’ai pas cette impression de fraternité voir d’entraide : il faut toujours et encore demander… j’en suis exaspérée !

Ai-je baisser les bras ? Un peu. C’est épuisant de toujours être celle qui organise, celle qui relance, celle qui est attentionnée alors que je ne suis qu’une pièce rapportée. J’ai compris que je n’étais pas à La Réunion, que ce ne sont pas réunionnais et que ce sera toujours chacun chez soi. Tant que mon futur mari n’est pas affecté par cette non considération, je ne me prendrai plus la tête après tout ce n’est pas ma famille et ils se sentent bien ainsi tant mieux. Je ne fais surtout pas de comparaisons avec ce que j’ai pu connaître auparavant et avec ma famille à moi. Cela ne servirait à rien et je n’ai pas pour objectif de les changer, ni de les convertir à l’ambiance créole. Je m’y suis habituée puisque dans l’histoire il n’y a qu’à moi que cela pose problème…

Il est clair que si j’ai des enfants, je ne veux pas qu’ils vivent ainsi sans solidarité, certes ils sont libres de faire leurs choix mais la vie est tellement imprévisible qu’il est urgent de dire ce que l’on ressent. De passer du temps avec ceux qu’on aime, de témoigner ne serait-ce qu’un peu de reconnaissance pour ses parents.

Je respecte entièrement les choix de ma belle-famille mais il est évident que ce ne sont pas les miens…

Photos : StockVault

A propos de Sandra

Bientôt trentenaire mais toujours fan de maquillage, coiffure, thriller psychologique et de pâtisserie ! J'écris souvent sur le thème des relations, de l'amour ou de la famille pour partager mes expériences et surtout rassurer les lectrices : OUI on peut finir par trouver le bonheur :)

15 commentaires sur “[TÉMOIGNAGE] Différences culturelles : composer avec sa belle-famille

  1. Katz
    Katz

    Ah! Les histoires de famille/belle-famille, je pense que c’est surtout selon les gens et les familles justement. De mon côté, la famille c’est zéro, on se voit une fois par an et basta, je pense que la différence d’âge à joué. Et dans ma belle-famille justement, ils sont beaucoup plus proches! Toujours à s’appeler, se voir etc…voir même un peu trop à mon goût parfois! :p Un juste milieu c’est pas mal, même si je reconnais que je préfère largement être dans ma belle-famille, au moins je n’ai pas l’impression d’être un pot de fleurs au milieu d’intellectuels soporifiques! 😉

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    1. Sandra

      Oui, tu as raison c’est aussi une question de caractère,de personnalité … Je comprends que cela puisse paraître étranges de se voir souvent avec la famille mais chez nous même si on déménage : on ne va pas très loin lol !

      Merci pour ton petit message !

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  2. Kariana

    C’est drôle parce qu’avec mon ex-belle famille j’ai eu le problème inverse. J’étais habituée à la famille mono-parentale, avec très peu de retrouvailles avec ma famille qui n’aimait pas ma mère (elle a eu le malheur de se faire escroquer, vite, il faut la fuir, ça fait mauvais genre).
    Quand je me suis mise en couple je suis tombée sur une belle-famille nombreuse, qui organisent des repas au moindre prétexte, qui voulaient tout savoir sur moi… j’étais hyper mal à l’aise car j’avais l’habitude de tout cacher pour me préserver, j’avais l’habitude d’être seule, et cette masse grouillante de cousins et compagnie autour de moi me mettait au bord de la syncope ! XD
    Je n’ai jamais réussi à m’y faire mais j’avoue que je n’étais pas celle qui organisait. C’est difficile quand on a toujours été habitués à vivre de telle façon de se retrouver avec l’opposé total ! ^^

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    1. Sandra

      Ah je suis contente de voir « l’autre côté » car ne sachant pas ce que ça fait et j’imagine bien que tomber là dedans ce n’est pas facile … On ne se rend pas forcément compte que cela peut paraître bizarre de se voir autant et d’aimer tant savoir sur les gens : j’essaie de faire des efforts et de ne plus poser de questions et effectivement ça passe mieux !

      Merci en tout cas pour ton message !

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  3. Stéphanie

    C’est vraiment cool de partager ça ici… Je pense qu’on devrait globalement être plus curieux des autres et laisser la porte ouverte au changement. J’aime l’idée qu’on puisse s’inspirer des autres cultures pour orienter sa vie. Et ça peut donc être vers le spontané par exemple. Le fait de manger ensemble est un bon exemple : c’est si simple de le faire sans se prendre la tête, que chacun amène un truc ou qu’on s’en tienne à un plat simple. Pourtant c’est pas franchement naturel par ici de passer voir quelqu’un et de finir par partager un repas ensemble (passé les études on va dire). De mon point de vue, ils ont de la chance d’avoir quelqu’un comme toi 🙂

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    1. Sandra

      Merci beaucoup ça me fait plaisir ! C’est exactement ça c’est juste la spontanéité que je recherche, se connaître un peu mieux car nous faisons tout de même partie de la même famille ! Ce n’est pas du tout naturel, je peux te dire que pour organiser un repas il faut s’appeler 3 fois avant de confirmer et caler notre venue !

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  4. Nathalie

    C’est vraiment important de savoir créer de la solidarité, et déjà au sein de sa propre famille !

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    1. Sandra

      C’est exactement ça, un minimum de pouvoir se dire qu’on peut compter sur sa famille et qu’on peut partager de bons comme des mauvais moments !

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  5. Bebloom

    Avec la belle-famille, c’est difficile d’imposer tes choix (même pour tes enfants…) : ça fait aussi partie du jeu, je pense, savoir que tout le monde n’est pas pareil et ne réagit pas de la même façon. Mais je comprends ton « désarroi ». La spontanéité, ce n’est pas si évident pour tout le monde 🙂 Rien que dans une famille, les personnalités peuvent être différentes (un seul de mes frères prend facilement des nouvelles et on se voir très très souvent, l’autre est impossible à joindre et on ne se voir qu’aux anniversaires – et encore il en rate 2 sur 3, et pourtant on est frères et soeurs!!).
    Pour la belle famille, ils sont un peu loin, donc c’est forcément « planifié » mais au moins ils ne manquent aucun anniversaire, ils envoient des cartes, ils ne nous oublient pas 🙂 (bon, on passe 7h à table quand on va là bas et ça me saoûle …hi hi hi).

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    1. Sandra

      Ah ah ah ah , je t’imagine à table pendant 7h !!! Tu as raison , chaque personne est différente mon frère est aussi introuvable mais je sais que je peux compter sur lui et qu’il a le sens de la famille … Merci de compatir avec mon désarroi, j’essaie de travailler dessus parce que je ne pense pas que cela va changer un jour … Merci encore pour ton témoignage !

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  6. Morel

    Tiens bon, largue pas Cafrine =) Je suis réunionnaise aussi (St Jooooo = oui, la honte, je sais, mais que veux-tu), expatriée à Paris depuis 3 ans. Je peux comprendre qu’être dans une famille métropolitaine doit faire une sacrée différence, car comme tu l’as dit, ce n’est pas du tout le même rythme de vie, la même mentalité…Moi, je suis avec un réunionnais (on ne se refait pas), on est venus ensemble à Paris et je t’avoue que du coup c’est assez facile, j’adore ma belle-famille. Par contre, moi je n’aime pas du tout les commérages, s’il y a bien une chose que je ne regrette pas, c’est ça. J’aime justement le fait qu’ici, les gens s’en foutent de ma vie. Mes tantes à la Réunion commentent (de façon très malsaine) le moindre événement de ma vie, même avec 10 000 km de distance, pour te dire, et cela m’insupporte au plus au point. J’ai envie de leur dire : Occupe a zot de zot fesses, ban moukates. Ah ah, je rigole, en vérité je parle très mal créole. Bref, je suis sûre que tu créeras des liens avec ta belle famille, ne serait-ce qu’en tant que réunionnaise, tu apportes forcément un peu de soleil (tu rayonnes) à chaque fois que tu les vois 🙂 Bisous et à bientôt j’espère !

    Amandine du blog https://lebonheurdansmatete.wordpress.com/

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    1. Sandra

      Ôter kafrine commen i lé ? Ça fait toujours plaisir de rencontrer une compatriote ici !Ah je te rassure je n’aime pas non plus les ladilapafé lol c’est juste pour le côté on peut tout savoir à la Réunion pas forcément du mauvais côté juste que les gens parlent plus facilement ! Ah la chance c’est plus facile quand on est avec un réunionnais qui connaît les réactions sans problème !!! Merci pour ton message , ça me fait vraiment plaisir et à très bientôt !

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  7. Cindy

    Qu’est-ce-que je comprends! Même en étant française de métropole, en ayant été élevée différemment de mon copain, je ressens la différence quand je suis face à ma belle-famille… ;_;
    Déjà, pour une réunionnaise, ça doit être particulier car vous êtes très chaleureux et attachés à la famille! Les français de métropole se mangent un peu les uns les autres dans les familles je trouve… La famille de mon copain cherche pas vraiment à me connaître réellement, alors que moi et ma mère, nous hébergeons mon copain, et elle le considère presque comme son propre fils! Après, elle est néerlandaise, alors je ne sais pas si il y a une véritable différence d’ambiance entre france et pays-bas mais ça doit jouer un petit peu… en tout cas, je sais que dans ma famille des pays-bas, il n’y a jamais d’histoire, on aime avoir des liens tout en se respectant les uns les autres alors que ma famille en france… c’est sauve qui peut car il n’y a quasiment pas de liens et personne ne s’aime vraiment, c’est juste hypocrite !

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    1. Sandra

      Tu as bien raison, j’ai parfois ce sentiment comme je l’ai écrit qu’ils sont « obligés » de m’aimer et ce n’est pas évident ! Ça fait plaisir de lire que cela peut faire écho à une autre personne … Ma mère aussi aurait réagi comme la tienne,elle est sans histoire et ne pose pas de questions : elle accepte c’est tout et n’a pas peur de dire les choses … Je pense qu’ici c’est le minimum mais personne ne dépasse les frontières de sa propre famille … Merci pour ton témoignage !

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  8. Manzel

    Étant réunionnaise et avec un métropolitain, je me reconnais énormément dans l’article. La froideur est difficile à interpréter et je ne sais toujours pas si je suis appréciée ou pas, du coup j’évite le contact.

    Mi découvre out blog, lé vraiment bien.

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