[TÉMOIGNAGE] 28…

28 bougies

Je ne saurai pas dire si j’ai pensé un jour atteindre 28 ans. Avec cette vie-là. J’ai tellement vécu de choses que j’ai l’impression d’avoir 50 ans…

C’est une étrange sensation mais à l’aube de mes 30 ans, un bilan s’impose à moi comme si c’était la fin d’un cycle, d’une longue période d’errance qui a commencé depuis l’âge de 15 ans.

Je ne suis pas un exemple de réussite extraordinaire, je ne suis personne d’ailleurs mais je peux témoigner qu’avec la force et la persévérance on peut finir par réaliser ses rêves et atteindre ses objectifs.

Alors, j’ai décidé de partager avec toi les instants de ma vie où je me suis sentie accomplie, complète et totalement épanouie et parfois il suffit d’un rien…

Le jour où je suis devenue grande sœur

Mon frère c’est mon bébé. Il me fatigue constamment parce qu’il ne m’écoute jamais, il est tout le temps en retard, ne répond jamais au téléphone : la liste est longue.

Mais quand je le vois… C’est clair : je fonds, je suis toujours aux petits soins pour lui. Je passe un bon bout de temps à l’allumer mais je suis toujours très heureuse de le voir. C’était mon 1er rôle, je me souviens de son arrivée, de sa tête pleine de cheveux bouclés noirs ou encore de ses petits yeux marrons clairs… J’ai eu la chance de choisir son prénom et c’était il y a 23 ans déjà. Il a grandi, mûri mais il n’a pas changé, il sera toujours mon bébé. A jamais.

Le jour où j’ai eu mes diplômes

Personne n’avait parié sur mon avenir. Pas même ma mère. Je devais redoubler dès la 1ère mais j’ai refusé catégoriquement : je savais que je pouvais y arriver. J’en étais sûre. J’ai tout donné pendant cette année de Terminale, je révisais jour et nuit sans relâche. Et puis, j’étais sur la liste des admis. J’ai eu ce foutu bac. Je me souviendrai toujours de cette émotion, ce sentiment d’avoir pu me prouver que malgré les difficultés de la vie : on pouvait y arriver. Malgré les mauvais commentaires, la méchanceté de certains profs, j’ai pu intégrer l’université et réaliser mon rêve. Maintenant que je suis de l’autre côté, j’essaie de transmettre cette persévérance aux étudiants, qu’ils essaient au moins une fois d’aller au bout des choses. La vie est courte alors je ne perds pas de temps à me demander si je serai à la hauteur ou pas : je tente et puis j’avise. Quand je ne suis pas sûre, je ne fais rien mais je me dis toujours lorsque j’ai une opportunité : si les recruteurs m’ont fait confiance alors je dois me faire confiance aussi.

28 ans diplomée

Le jour où je me suis retrouvée seule de chez seule

J’avais écrit un texte ici « se relever seule » où j’expliquais comment j’ai réussi à m’en sortir sans être entourée.

Mais il y a eu un évènement où j’ai réellement senti le besoin d’être face à moi-même. Sans personne. C’était lors de ma dernière rupture amoureuse où j’ai eu la force de partir. Cela faisait 3 ans, on avait vécu des choses hors du commun comme vivre au Congo pendant une année. J’avais normalement tout pour être heureuse mais il me manquait l’essentiel… Je ne me voyais pas finir ma vie dans une relation déjà tracée. Je ne suis pas « la femme de » et je ne le serai jamais.

Je suis partie le jour de la Saint-Valentin, sans amies, sans appartement, sans famille et accessoirement en devant passer un concours dans la même année. Quand nous sommes partis du Congo, mon cœur est resté là-bas. J’avais l’impression de quitter la Réunion une seconde fois. Dire au revoir à mes petits, c’était l’épreuve la plus dure de toute ma vie. J’ai abandonné mon rêve, je ne lui en veux pas, je m’en veux à moi de ne pas avoir lutté. Lui aussi a vécu cela comme un échec mais on ne s’est pas soutenu dans cette épreuve ni l’un, ni l’autre. J’avais besoin de partir, j’étouffais dans la relation et ce même si je me retrouvais dans la rue. Je me suis construite toute seule. J’ai lutté constamment entre la bonne et la mauvaise voie toute ma vie depuis l’adolescence alors j’ai eu besoin de me recentrer et de passer ce concours dans l’apaisement le plus total.

J’ai été fière d’avoir pu mener mon ultime épreuve sans histoires d’amour, sans commérages amicaux et sans pression familiale.

Le jour où je suis devenue propriétaire

J’ai eu une adolescence pas sympa. Entre cette crise incontrôlable et mes nombreux problèmes familiaux, j’ai pas mal erré pendant une longue période.

Je passais de maison en maison, d’internat en internat : je pouvais mettre ma vie dans une valise en moins de 5 minutes.

Mais personne n’a jamais rien vu dans mon entourage, pas même mon père. Je continuais à travailler à l’école, à faire des blagues pourries et à avoir des rêves irréalisables.

Le jour où j’ai signé l’acte de vente en sortant de chez le notaire : j’ai pleuré comme jamais. J’ai pleuré de soulagement, de gratitude envers la vie de m’avoir offert ce chez-moi. J’avais tellement gardé cette partie de mon existence enfouie pour faire face toutes ses années que tout est ressorti : d’un coup. Le masque était tombé. Définitivement. Je pouvais enfin dire que j’avais MA maison et que personne ne me l’enlèverai. Personne.

28 devenir propriétaire

Le jour où j’ai eu ma demande en mariage

Tu le sais : je ne suis pas une fleur bleue. Je n’ai jamais eu de rêve de princesse, de robe meringue et encore moins de promesses d’amour éternel. Pour moi le mariage reste un acte symbolique et je n’ai pas accepté cette demande pour faire la fête, ni être entourée de ma famille (puisqu’il n’y aura que deux personnes finalement).

Je ne m’y attendais pas du tout, c’était un moment qui nous a ressemblé sur tous les points et quand j’y repense j’ai toujours le sourire. J’ai été surtout touchée, qu’il soit si sûr, si déterminé à vouloir passer le restant de ses jours avec moi et c’est cela que je retiens. C’est cela qui compte : notre décision, notre engagement et peu importe comment nous allons le mettre en scène le jour J.

Parfois, je suis sidérée par le coût d’un mariage, l’importance de certaines choses à mon sens dérisoires qui sont dictées par une société de consommation. Si tu n’as de traine, c’est que tu ne vas pas te marier ou alors si tu n’as pas de thème c’est totalement ringard.  On peut vouloir une ambiance précise mais il faut que cela te ressemble. Pour ma part, mon mariage sera à la hauteur de ce que je suis : intime car je n’ai que très peu d’amies, autonome car je fais la plupart des choses moi-même et je ne demande rien à personne et enfin unique car il ne ressemblera à aucune tendance.

Tout cela pour en venir en ce jour d’anniversaire sur le fait que ma vie n’a pas été de tout repos. Il y a toujours des moments difficiles à surmonter mais je suis stable, je suis indépendante et j’arrive à me dire que tout finira par aller mieux quoiqu’il arrive.

Je n’ai pas peur de l’avenir car c’est moi seule qui décide comment prendre les épreuves douloureuses. Je termine avec ma citation favorite qui résume parfaitement mes 28 années sur Terre :

« Quand on a beaucoup souffert dans la vie, chaque douleur additionnelle est à la fois insupportable et insignifiante ».

(L’histoire de Pi, trad. Nicole et Émile Martel, p.17, XYZ, 2003)

Quelles sont les éléments qui ont marqué ta vie ?
Quelles difficultés as-tu dû affronter et qui te rendent plus forte aujourd’hui ?

Photos : StockVault

A propos de Sandra

Bientôt trentenaire mais toujours fan de maquillage, coiffure, thriller psychologique et de pâtisserie ! J'écris souvent sur le thème des relations, de l'amour ou de la famille pour partager mes expériences et surtout rassurer les lectrices : OUI on peut finir par trouver le bonheur :)

4 commentaires sur “[TÉMOIGNAGE] 28…

  1. Mag

    Joyeux anniversaire et bonne continuation pour ta jolie petite vie

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  2. Windy

    Tes mots me touchent ! Rien que ta première phrase m’a bouleversée. J’ai pensé écrire un article sur mes 25 ans, un peu comme un bilan mais je n’ai pas assez de recul ni de maturité pour le faire, ni pour l’instant la force de me livrer.
    Mais s’il y a une chose qui ressort, c’est que je ne pensais pas atteindre les 25 ans, ça a été, pour moi, un cap absolu. J’ai toujours cru que les choses s’arrêterait avant que je n’atteigne cet âge ! Quelle surprise en fin de compte !
    Lire tes lignes a quelque chose de réconfortant… Je le dis à chaque fois, même si chacun porte son fardeau et que chacun a son chemin et qu’on ne peut comparer les choses, le fait que tu sois passée par des moments difficiles me réconforte. Je suis très pessimiste mais j’ai toujours cette voix qui me dit de m’accrocher et que les choses vont finir par bien tourner, alors même si je ne calque pas ma vie sur la tienne (quelle folie ce serait !) savoir que malgré tout ce qui a pu t’arriver (et on n’en lit que quelques bribes), tu n’as pas lâché et que maintenant tu profites… ça fait plaisir. Ça me rend tellement heureuse pour toi et ça me motive un minimum de mon côté.
    Joyeux anniversaire et à encore 28 autres (et encore plus) d’années ma belle Sandra ♥
    P.S.: J’ai lu ET étudier « Life of Pi » en terminale et j’ai trouvé ça super drôle de retrouver une citation dans ton article. Ce livre m’a traumatisée (l’étudier en anglais est traumatisant) mais il donne également une si bonne leçon de vie (mais il m’a VRAIMENT traumatisée, et a changé ma vie, la prof qui nous l’a fait étudier m’a rendue moins timide tellement elle me faisait peur ET que je la respectais ahaha)

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    1. Sandra

      Ah ah ah ah ! « LHistoire de Pi » c’est un livre et un film qui m’a énormément bouleversée, j’en ai pas dormi pendant des jours à me demander qu’est ce qui était vrai là dedans !!!
      Merci pour ce petit mot, certes aucun parcours ne se ressemble mais dans ceux des autres il y a peut être quelque chose qui nous fait écho et parfois quand je te regarde : j’ai l’impression de me voir il y a très longtemps de cela.
      Pendant longtemps, j’ai pensé ne pas avoir de « légitimité » à faire un bilan à cet âge mais ayant vécu des évènements difficiles alors pourquoi ne pas les partager ? On ne choisit pas toujours ce que l’on vit mais c’est toujours intéressant de savoir ce que l’on a retenu … Je suis contente de te donner un peu d’optimiste, je reviens de loin et je n’ai pas de mérite particulier mais j’aurai aimé lire à mon époque quelque part que l’on peut finir par voir le bout du tunnel, même si c’est long, même si on retombe : on peut toujours se relever … Merci encore, un an de plus vers la vieillesse et vers de nouvelles aventures <3

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