[TÉMOIGNAGE] Sortir de sa zone de confort au travail

sortir de sa zone de confort au travail

On a tous son petit périmètre. Sa petite (ou grande) zone de confort. On y est bien, chaque chose est à sa place, la prise de risque est minime et surtout tout roule comme ça alors pourquoi en sortir ? Comme à mon habitude, je relate ici ma propre expérience et je ne fais pas de mon cas une généralité. Je me suis posée des questions suite à mon bore-out que je vous racontais il y a quelques mois.

Je me suis demandée si je pouvais continuer à exercer des tâches sans conviction, sans reconnaissance ni la moindre consigne. C’est difficile de s’avouer que même en ayant la sécurité de l’emploi, on ne fait rien de bien palpitant de ses journées. Je ne cherche pas à faire carrière mais au moins d’exercer un métier qui m’apporte un peu de satisfaction. C’est vrai que dans le temps, on ne se prenait pas la tête : il fallait travailler pour subvenir à ses besoins et puis c’est tout. Mais j’estime qu’il faut évoluer avec son temps et l’épanouissement au travail est une chose importante à mon sens.

C’est pourquoi, j’ai entrepris des démarches pour évoluer et sortir de cette phase de « bore-out ». Je vais donc te présenter les raisons qui m’ont amenées à prendre ces décisions.

Parce que je commençais à détester tout le monde

Bon, tu le sais j’ai un sale caractère mais je suis quelqu’un d’ultra carrée. Pour moi, dans une structure publique ou privée il doit y avoir une hiérarchie, des règles plus ou moins souples mais au moins des consignes pour cadrer les agents. Si j’ai une question, un problème j’aime savoir vers qui me tourner, quelle est la procédure à suivre etc. Aussi, je fais la différence entre la personne et son travail : une collègue peut être très gentille mais pas forcément compétente dans son domaine. Je suis assez franche pour le dire mais n’étant pas habilité à le faire, je me suis tue. Et je n’en peux plus. Tout simplement.

Et c’est à ce moment-là que je pouvais déraper et être méchante alors que la personne en face ne m’a rien fait. Oui, elle ne fait rien. La frontière entre la raison et la folie était limite et j’étais capable d’être cassante à tout moment.

Cela a été une réelle surprise de voir que chacun faisait comme il veut. Pour les heures, les absences, les projets. On avait carte blanche constamment. Parfois, je ne demandais même plus la permission : je disais je fais telle ou telle chose et que je devais m’absenter sans en expliquer la raison. C’est une situation déstabilisante de ne pas savoir et d’être responsable de soi alors que tu es supposée respecter une hiérarchie. Il m’arrivait d’être seule au service, sans que je sache quoi faire ni comment et même pourquoi j’étais là. C’est quand je me suis posée la question : à quoi je servais finalement que j’ai tiré la sonnette d’alarme.

Parce que je filais un mauvais coton

J’avais beau essayer de résister mais quand tu vois que tout le monde autour de toi fait sa life : tu as aussi envie de faire la tienne.

C’est comme ça que j’ai commencé tout doucement à m’y mettre : je rentrais et sortais à l’heure que je voulais, je flânais sur internet dès que je pouvais etc. Je n’avais plus goût à rien. Mon travail n’était jamais contrôlé, jamais on m’a posé la question : « tu bosses sur quoi en ce moment ? ». Jamais.
Je commençais à me dire que je pouvais faire un bébé (là c’était très grave ) et partir en congés maternité : on ne remarquerai même pas mon absence c’est clair !

sortir de sa zone de confort au travail

Pour tout le monde j’avais un travail et c’était l’essentiel. Et en plus, je pouvais faire ce que je souhaitais c’était encore plus cool : que demander de plus ? Je fais un métier où on a besoin d’échanger lorsque l’on rencontre des cas difficiles. Il m’arrivait de ne pas parler pendant trois jours. Trois jours entiers. Parce qu’il n’y avait tout simplement personne. Je ne demandais pas à être fliquée loin de là mais au moins quand je pose une question que l’on ne me dise pas « comme tu veux ». Ma réponse a donc été radicale : je ne veux plus de cette situation justement.

Parce que c’était maintenant ou jamais

Je veux un peu plus de reconnaissance. Que l’on arrive à me dire si ce que j’ai fait est correct ou pas afin de m’améliorer. Pour mon évolution professionnelle si on me demande l’avis de mes supérieurs qui me voient certes travailler mais sur quoi telle est la question. J’ai décidé de dire ce que je faisais au quotidien même si on ne demandait rien car au moins j’ai fait ma part et je n’aurai rien à me reprocher de ce côté. J’ai alerté mon entourage professionnel des difficultés que je rencontrais avec ce mode de management : rien n’a changé depuis deux ans.

Il y a quelques semaines, j’ai sauté sur occasion afin de demander une mutation dans un autre établissement. La fiche de poste était claire, l’emploi était polyvalent et surtout cela m’apporterait des compétences managériales pour évoluer. C’est dans un domaine très différent du mien mais j’ai tenté ma chance et j’ai décroché un entretien. J’ai pu exprimer ma motivation et je suis en attente de la réponse pour mi-juin. J’ai longtemps hésité parce que c’est un poste à hautes responsabilités et que cela demande une grande disponibilité mais j’ai eu largement le temps de me reposer ces dernières années. J’étais contente de voir une directrice, un directeur et une directrice adjointe : enfin une équipe normale.

sortir de sa zone de confort au travail

Si j’étais vraiment bien là où je suis : je n’aurais pas cliqué sur cette offre de mutation. Et si je ne suis pas prise c’est qu’il y a bien une raison, je m’en remettrai bien mais au moins j’aurai tout essayé. Dans la vie, surtout sur le plan professionnel avec le recul je dirais que c’est une question de timing. D’opportunités à saisir ou pas. Et comme à mon habitude je fonctionne à l’instinct et ça passe toujours. Ce qui a été le plus dur c’est de m’avouer à moi même qu’il y avait un souci. Je voulais tenir encore et encore mais jusqu’à quand ? Et pour qui surtout ? On dit souvent : on sait ce que l’on perd mais on ne sait pas ce que l’on gagne mais chaque expérience bonne ou mauvaise nous apporte quelque chose. Je n’ai pas peur de l’avenir, je suis à l’écoute de mes envies et j’ai saisi ma chance pour ne pas avoir à le regretter un jour. C’est bien d’identifier le problème mais il faut par la suite y remédier avant que cela s’empire.

Je n’aime pas me dire que c’est comme ça et pas autrement : c’est comme ça parce que je le veux. Une phrase tirée d’un film (pas très instructif je te l’accorde) m’a toujours interpellé :

« Quand on veut que les choses changent il ne faut pas changer les gens mais il faut changer les règles du jeu ». 

Quelle est l’action ou l’évènement qui t’a fait sortir de ta zone de confort ?

Photos : StockVault

A propos de Sandra

Bientôt trentenaire mais toujours fan de maquillage, coiffure, thriller psychologique et de pâtisserie ! J'écris souvent sur le thème des relations, de l'amour ou de la famille pour partager mes expériences et surtout rassurer les lectrices : OUI on peut finir par trouver le bonheur :)

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