Il fouette des femmes pour faire le buzz…

Depuis les premiers exploits de Moundir, dans l’archipel de Bocas del Toro, en passant par Mickaël Vendetta et autres Nabilla Benattia (qui vient, au passage d’être condamnée à six mois de prison ferme pour avoir poignardé son compagnon, une autre starlette de téléréalité), l’ultra-médiatisation de la médiocrité humaine et la quête, illusoire, du « buzz » à tout prix, dans le seul but de se bâtir une notoriété aussi factice qu’éphémère, nous auront fait souffrir bien des désagréments, en issant, du jour au lendemain, sur un jeu de mot hasardeux, une vidéo un peu osée ou une humiliation publique (consentie ou non), quelques personnes, le plus souvent fragiles et désorientées, au rang de phénomène de mode, incontournable sur le toile.

Mais rien n’avait encore égalé le niveau de platitude, d’aberration, de bêtise et d’irrévérence du nouveau phénomène internet en vogue : celui de ce jeune homme à l’allure imbécile, au vocabulaire limité d’un enfant en bas âge, qui, à l’occasion de quelques vidéos obscènes, sur snapchat, a décidé d’attirer l’attention sur lui en mettant en scène, en filmant et en diffusant la dévalorisation, l’humiliation et pire la banalisation de la violence faite aux femmes.  

Un coup médiatique qui fait froid dans le dos, tant on l’aurait cru impossible il y a encore quelques années.

Des vidéos sordides où il rabaisse des « grosses chiennes »

C’est sur sa story snapchat que ce garçondont je ne citerai pas le nom pour des raisons que j’exposerai plus tard– a d’abord fait connaître ses vidéos écœurantes. Uploadées sur youtube, elles sont, désormais, accessibles à tous et de manière potentiellement illimitée.

Dans l’une d’entre elle on voit une femme, cachant son visage, filmée en gros plan tandis que le jeune homme la caresse. Plus tard, cette jeune fille, rejoint par une autre, se retrouve, en culotte, à genou sur un lit, les mains plaquées contre le mur, en train de danser, tandis que le garçon les asperge de vodka. Il y a visiblement plusieurs hommes autour d’elles (j’en dénombre au moins trois), qui s’en donnent à cœur-joie. Pendant plusieurs minutes, ils les insultent, les aspergent d’alcool, les fessent et vont même jusqu’à faire mine de leur introduire des bouteilles dans le rectum. Les victimes semblent consentantes, bien que dans un état second.

Pendant tout ce temps, les agresseurs beuglent leur cri de ralliement, celui qui a rendu l’instigateur de la chose célèbre : « la pute à l’anonyme », « la pute à l’anonyme ».

Sa spécialité : fouetter ses « putes » avec sa ceinture Gucci

Plus tard, dans la même vidéo, on revoit la jeune femme du début ou, à tout le moins, ses fesses, qui sont recouvertes d’ecchymoses, rouges pétantes, à force d’avoir été fessées.

C’est que c’est là la grande spécialité du jeune homme, sa marque de fabrique, fouetter ses « putes » avec sa ceinture gucci ; une fausse, bien entendu, puisque, d’après ses dires : « elles ne méritent pas la vraie », « parce que c’est des salopes ».

Et c’est de cette manière que l’énergumène a entendu se faire connaitre, ainsi qu’il l’a récemment livré à un youtubeur : « je fais mon buzz, en fouettant des meufs […] jusqu’à ce qu’elles saignent […] tranquillement » afin de « montrer à tous les parents de France » qu’ils doivent « serrer » leurs filles.

A ce stade, toute l’affaire ne ressemble qu’à une vaste blague (de mauvais goût, certes). Seulement, elle fait vite le tour des réseaux sociaux chez les très jeunes et est même relayée par certains médias comme Francetv info, Rue89, aufeminin.com ou le Plus de l’Obs, qui soulignent, tous, le caractère inquiétant de la notoriété que semble acquérir le jeune homme.

Et le buzz semble être en train de prendre

Les vidéos en question comptabilisent plusieurs dizaines de milliers de vues, uniquement sur youtube.

Un « succès » que le jeune homme, avide de clics faciles, revendique comme un « projet professionnel ». Une posture peu étonnante lorsque l’on considère certains phénomènes qui se développent aujourd’hui, sur la toile.

De l’ex-anonyme de la téléréalité propulsée au rang de chroniqueuse récurrente dans une émission regardée par près de 1,5 millions de téléspectateurs (mais qui ne brille, certes, pas par sa subtilité) à l’agression filmée et diffusée en directe sur périscope en échange de vues, il semblerait que nous vivions désormais dans un monde où règne, chez tout une tranche de la population, le culte du buzz à tout prix, de la quête chimérique de la célébrité, accessible désormais au plus médiocre d’entre nous en échange de toujours plus… plus de sensationnel ; plus de violence ; plus de vulgarité, quitte, au passage, à agresser physiquement un badaud, pris au hasard, à rabaisser une femme au rang de simple objet sexuel ; à l’insulter, à la fouetter et à lui cracher dessus, pourvu que ça clique, que le succès est au rendez-vous.  

Que nous est-il arrivé ?

Le jeune homme en question, après un passage tout récent par la baignoire d’un youtubeur à la visibilité notoire, a annoncé, vouloir, aujourd’hui, se lancer dans le « rap game ». Notons qu’il a, d’ailleurs, déjà mis un clip en ligne. Celui-ci, qui s’apparente plus à un film pornographique à petit budget, nous montre le garçon, accompagné de ses amis, maltraiter des femmes cagoulées qui leur servent, tantôt de tables, tantôt de punching-balls.  

Un contre-coup particulièrement violent

Le succès est, cela dit, à double tranchant pour l’internaute pervers puisque, depuis qu’il a gagné en notoriété, les réactions véhémentes se sont multipliées à son égard.

Sur la communauté internet, tout d’abord, où de nombreux youtubers se sont insurgés contre ses pratiques, le traitant, tour à tour, de « fils de pute », de « merde » ou de « décadence de Snapchat » mais s’en prenant également aux jeunes filles qui osent s’exposer dans ses vidéos, ces « grosses biatchs » de « beurettes » aux « grosses paires de seins », ces « salopes masquées » qui mériteraient d’être « attrapées à coup de tartes » par leurs parents.

Et cette violence, loin de se cantonner à internet, s’est déjà traduite dans la rue puisque le buzzeur en question, tout comme l’une de ses victimes consentantes (qui a, elle aussi, tenté de se faire connaitre, en se revendiquant comme sa « pute », sur les réseaux sociaux), ont tous deux été agressés à la foire du trône où les forces de l’ordre (visiblement blasées) ont du intervenir afin d’assurer leur protection.

L’épisode a d’ailleurs, comme il se doit, été filmé par les agresseurs et diffusé sur YouTube.

Mettre fin au cercle vicieux

C’est dans ce genre de dérapages que nous nous rendons compte de la perversité des bad buzz. Car, oui, nous voulons tous les dénoncer. Nous voulons tous les combattre. Mais, en les exposant, sur le devant de la scène, tout sérieux que nous sommes, nous ne faisons que les amplifier.

Nous apportons, d’une part, au médiocre, au tortionnaire, la notoriété que nous dénonçons par la suite et nous livrons, en plus, non seulement le jeune homme, visiblement paumé, mais aussi ses victimes -qui ont, au sens commun, déjà bien souffert- en pâture à la foule en colère. Car, si celle-ci est toujours à la recherche de plus de bêtise, de plus de violence, de plus de nullité, sur internet, ce n’est, bien souvent, que pour pouvoir, par la suite, déverser toute sa véhémence sur ceux qui en sont à l’origine et qui se retrouvent, dès lors, pris au piège d’une machine médiatique difficilement arrêtable.

En témoigne, peut-être, le suicide de François-Xavier Leuridan, l’un des personnages les plus moqués de la troisième saison de Secret Story.

C’est pourquoi, bien que je ne peux m’empêcher de publier ce billet d’humeur, afin de dénoncer les actes ignobles et dégoutants commis par cet internaute sur ces femmes (actes illégaux, s’il était besoin de le rappeler), je ne peux que trop conseiller de ne pas entrer dans le jeu de cette inqualifiable personnage et de la buzzosphère, en générale.

La meilleure réponse à ces tentatives désespérées d’attirer l’attention étant peut-être l’indifférence, je conclurai donc en rappelant ce que cet agitateur est et restera aux yeux de la plupart d’entre nous : un anonyme.

Et toi, qu’est-ce que tu en penses de tout ça ?

Gary

A propos de Gary

Étudiant en journalisme et cow-boy de l'espace à mes heures perdues, je suis passionné d'écriture depuis que j'ai l'âge de tenir un stylo. Féministe convaincu, je verse beaucoup dans les questions de genres et d’égalité des sexes. J'espère que mes articles vous feront réfléchir ou vous fileront la patate. C'est pour ça que j'écris. ;)

5 commentaires sur “Il fouette des femmes pour faire le buzz…

  1. Windy

    Je n’étais pas du tout au courant de ce bad buzz. Je ne suis plus trop sur les réseaux sociaux, ils me font le même effet que les journaux télévisés : y a plus de mauvaises nouvelles et de conneries qu’autre chose. Ça me dépasse tout ça ! Je ne sais pas si je suis plus choquée par le mec qui pense faire carrière, qui attire l’attention ainsi sur lui ou par la fille qui a l’air fière de sa participation.

    Déjà, le mec, il est trop cheap pour avoir une ceinture « Gucci », il est irrespectueux comme pas possible envers les femmes (il doit oublier que sa mère en est une) et il est possiblement dérangé. Mais tout ça, tu l’as déjà dit. Et puis préciser la marque, comme si cela avait plus d’impact, comme pour se donner plus de pouvoir… Ridicule.

    Tout comme le fait que c’est vraiment de la faute de la société, quand tu vois qu’il suffit de passer quelques semaines enfermé pour être propulsé sur le devant de la scène, que tu peux te faire de l’argent facilement et être « adulé » par tant de personnes, en ne faisant rien… Ouaw.

    Ca a commencé avec Kim Kardashian tout ça, et sa sextape mais, je vais dire quelque chose avec lequel peu de gens vont être d’accord mais autant je trouve ça un peu facile ce qu’elle a fait, autant, elle a quand même travaillé après ce moment de gloire. Tout ne lui est pas dû, y a vachement de réflexion et de travail derrière l’empire Kardashian-Jenner donc même si je ne suis pas fan des personnages, il faut reconnaître qu’ils se sont bien servis de la société d’aujourd’hui pour parvenir à leurs fins.

    Merci, de ne pas avoir donné le nom ni d’avoir mis de lien, ça m’aurait un peu énervée et j’aurais trouvé ça totalement contradictoire avec ce que tu as dénoncé. Les petits curieux pourront faire leurs recherches, personnellement, j’en reste là parce que je refuse d’être un clic de plus pour l’égo de ces personnes car je n’aurais rien trouvé à dire. Car même les insultes (que je n’approuve pas, ça ne fait pas avancer les choses, et avoir des haters « c’est trop hype t’as vu »), ça reste du temps perdu et un clic de plus car au final, eux, ils s’en foutent d’où viennent les clics et ce que les gens disent, ce qui les intéressent, le nombres de vues et leur petit instant de notoriété.

    Plus j’écris et plus je me rends compte à quel point ça m’énerve tout ça. Cette course à la notoriété pour rien, pour ne rien apporter de positif à la terre, mais à quoi ça sert ? C’est pour avoir de l’argent facilement ? C’est parce qu’il y a eu un problème dans l’enfance qui a été mal géré ? Franchement, ça me dépasse, la société me révolte alors je vais aller jouer aux sims où le monde ne part pas en cacahuète (et où je suis une souveraine absolue)

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  2. Mag

    Trop de violence gratuite via le net je n’en peux plus.
    Quand tu regarde le nombre de vidéos ou des jeunes s’amusent a violenter une personne dans la rue (je viens d’en voir une encore qui circule ou deux jeunes abrutis maltraite une veille dame dans la rue ) … Les maltraitances sur animaux filmé … Alors pourquoi pas ça.
    Leur faire un article est déjà leur donner trop d’importance.

    Bcp se pense invulnérable parce qu’ilssont caché derrière leurs écrans .. Mais quand la réalité reprend le dessus ça peut faire mal. Je n’irait pas jusqu’à les plaindre pour autant.

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  3. Intox

    Je n’étais pas du tout au courant de ce bad buzz car je boude vachement les réseaux sociaux…

    Mais je trouve cet article vraiment bon. Et je te remercie de ne pas avoir mis le nom des personnes. Je ne compte pas le nombre de personne, surtout de femme, cyber harcelée pour des combats contre le machisme ou pour avoir osé défendre une cause / exprimé une opinion. Et ça m’attriste autant que de voir des gens jetés en pâture comme pour les deux personnes cités dans l’article…

    Je ne comprendrais jamais l’acharnement de certain.

    En tout cas ce que fais ce mec est bien ignoble quand même… Et je me demande comment on peut « rattraper » ce genre d’individu et leur faire comprendre leurs actes… Ca me déprime.

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  4. Barbatrucs

    Je n’étais pas du tout au courant mais ça fait peur… Tu as raison je pense qu’il faut répondre par l’indifférence.

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  5. Adele
    Adele

    Je ne connaissais pas cet individu et ses « amusements » et je m’en félicite ! Les gens sont tellement désespérément à la recherche de reconnaissance qu’ils seraient prêts à n’importe quoi – quitte à piétiner toute dignité.
    Ce qu’il faut faire en réponse à ça, et vous avez tous raison, c’est l’indifférence. Ne lui donnons pas ce qu’il demande et quand il retombera dans l’oubli, il retrouvera peut-être son cerveau et réalisera sa bêtise !

    Et, petit mention aussi aux filles qui ont participé à ça … elles aussi devraient avoir honte de donner une telle image de la femme.

    Bref, des gens inutiles.

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