Grand froid, mafia et chasse au loup, bienvenue à « Lilyhammer » !

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Avec de gros cartons comme ‘Orange is the new black’, ‘Narcos’ ou ‘Stranger Things’, Netflix, a su s’imposer, ces dernières années, comme un acteur  incontournable de la production et de la distribution, à grande échelle, de séries à succès.

La plateforme web offre de tout et pour tous les goûts. Même sur le thème de l’hiver, elle propose une véritable perle, trop peu connue, compte tenu de sa qualité. Un mélange improbable entre histoires de gangsters, skis de fond et tradition nordique. Un voyage incongru au pays du froid et des loups en tout genre.

Chère lectrice, cher lecteur, bienvenue à Lillehammer… ou plutôt « Lilyhammer ».

La rencontre de la mafia new-yorkaise et de la Norvège

Lilyhammer est une série télévisée américano-norvégienne, créée par Anne Bjørnstad et Eilif Skodvin et divisée en 24 épisodes de 46 minutes, répartis en 3 saisons. Elle est diffusée entre le 25 janvier 2012 et le 17 décembre 2014, sur NRK1, une chaîne télévisée norvégienne. A partir du 6 février 2012, elle est également rediffusée, en temps réel, aux Etats-Unis et au Canada, via Netflix.

Elle raconte l’histoire de Frank « the Fixer » Tagliano (Steven Van Zandt), le bras-droit du parrain de la mafia new-yorkaise. Après la mort de ce dernier, la vie de Tagliano est menacée, ce qui le pousse à témoigner contre son nouveau patron et à rejoindre, du même coup, le programme de protection des témoins. Sur sa demande, il est envoyé refaire sa vie à Lillehammer, une ville norvégienne du comté d’Oppland, dont il est tombé amoureux depuis que celle-ci a accueilli les jeux olympiques d’hiver de 1994.

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Frank « the Fixer » Tagliano devient Giovanni Henriksen, un citoyen norvégien comme les autres.

Le titre de la série est un clin d’œil au fait que beaucoup d’anglophones ont du mal à prononcer le nom de la ville et fait, en même temps, référence au nom que Tagliano a donné à son petit chien.

Créer le Las Vegas du Grand Nord

Bien qu’exilé « de force », dans le grand nord, Frank Tagliano, devenu ‘Giovanni Henriksen’ n’a pas, pour autant, l’intention de se laisser abattre. Dans tous les sens du terme, d’ailleurs.  Ce qu’il envisage, au contraire, c’est de marcher sur les traces de Benjamin « Bugsy » Siegel, un mafieux de la Yiddish Connection, bien connu pour son rôle dans la création et le développement de Las Vegas.

Mais son paradis du gangster, « Gionny » ne le voit pas au milieu du désert du Nevada mais au cœur du berceau de neige du Royaume de Norvège. « Quand tout cela sera fini », il le jure, « personne ne se souviendra plus que les jeux olympiques ont été organisés ici ».

 

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Ce qu’envisage « Gionny », c’est de créer le Las Vegas du grand nord.

Des paysages et un folklore unique

Si Lilyhammer pourrait faire penser à une énième série sur la mafia –un gros travail sur l’humour, en plus– ce qui la distingue véritablement des productions américaines classiques, c’est sa toile de fond atypique : le monochrome blanc des paysages hivernaux norvégiens.

Que ce soit le soleil matinal, qui perce à travers une forêt de sapins ou un village enveloppé de blanc sur les rives d’une rivière gelée, Lilyhammer est une série qui donne envie de se blottir au fond de son fauteuil le plus confortable, emmitouflé dans une couverture en laine, une bonne tasse de café à la main mais, tout de même, rehaussée par une bonne lichée de whisky.

Ce qui fait la puissance évocatrice et la force comique de Lilyhammer, ce sont ses décors, uniques.

 Un vrai pouvoir comique

Ce qui fait le charme de Lilyhammer, c’est véritablement ce mélange des genres, cet effet comique crée par la rencontre improbable entre les codes du film de parrain et la réalité banale et tranquille des pays nordiques.

Le but ultime de « Gionny » est de se recréer une famille, aussi bien dans son sens traditionnel, en courtisan la jolie Sigrid Haugli (Marian Saastad Ottesen) qu’au sens le plus ‘criminel’ du terme, en se tissant un réseau mafieux, par le biais de sa boite de nuit, le ‘flamingo’ et de ses nouveaux contacts dans la contrebande d’alcool ou encore la promotion immobilière.

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Le but de Giovanni est de se récréer une famille. Dans tous les sens du terme…

Mais, pour tout ce que Giovanni devra affronter d’organisations ennemies et d’influences extérieures, ses véritables obstacles -les plus insurmontables- se révéleront être les cours d’intégration à la culture norvégienne, le syndicat de copropriété de son immeuble, grand luxe, ou encore l’épreuve du permis de conduire, que l’on ne peut obtenir, en Norvège comme en France, qu’après de longs mois de pratique et une maîtrise parfaite de la boite à vitesses manuelle.

La série regorge de ces petits traquas du quotidien, qui nous plongent, aux côtés de « Gionny », dans la vie banale d’un norvégien moyen, avec parfois, une incongruité absolue, sortie de nulle part, qui dénote tellement avec le reste qu’elle en devient irrésistiblement drôle et décalée. En point d’orgue du premier épisode, par exemple : une chasse au loup, de nuit, dans une montagne hostile, par un gangster décontenancé, en parka, doudoune et skis de fonds.

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Le décalage des scènes proposées par la série, crée un très bon comique de situation.

Si Lilyhammer est une aussi bonne série télévisée, aussi drôle et aussi fraîche, c’est en raison de cette nouveauté qu’elle injecte au sein d’un genre déjà vu, revu et rerevu, depuis son apparition dans les années 30. Avec, en prime, une vision critique sur l’accueil réservé aux immigrés et sur une islamophobie naissante, dans l’Europe de 2012.

Des gueules et des personnalités

Ce qui fait la vraie puissance d’une histoire de gangsters, ça n’est pas particulièrement son scénario mais plutôt ses personnages. Leur aura. Leur charisme.

Et, sur ce point aussi, Lilyhammer réussit son pari. A commencer par Steven Van Zandt, que l’on connaissait déjà pour son rôle de Silvio Dante dans ‘Les Sopranos’. Il livre dans Lilyhammer, une prestation très convaincante de parrain de la vieille école, capable de faire changer l’atmosphère d’une pièce en un simple et léger rictus.

Son bras droit de fortune, Torgeir Lien, l’inconnu mais fantastique Trond Fausa Aurvåg tient, pour sa part, le rôle du sidekick rigolo. Une sorte de Shaggy du scooby gang, qui se serait retrouvé, malgré lui, propulsé au rang de numéro deux de la mafia locale. Surprenant parfois, souvent touchant et toujours drôle, Trond Aurvåg réussit l’exploit de rester convainquant, sur la durée, dans un rôle où il est vite facile de tomber dans l’excès, voire la lourdeur.

 

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De gauche à droite : Trond Fausa Aurvåg, Steven Van Zandt et Marian Saastad Ottesen, qui interprètent les trois personnages principaux de la série.

Lillyhammer : une série divertissante, tout simplement

En attendant, d’avoir ton avis sur le sujet, chère lectrice, je te laisse avec la bande-annonce de Lilyhammer, en espérant que, d’ici noël et son lot de divertissements, cette série de trois saisons plutôt originales, pourra te tenir compagnie pendant tes longues soirées d’hiver…

 

 

Alors, tu as vu Lilyhammer ? Tu en penses quoi ?

Tu connais d’autres perles, qui sont bien de saison ?

Gary

A propos de Gary

Étudiant en journalisme et cow-boy de l'espace à mes heures perdues, je suis passionné d'écriture depuis que j'ai l'âge de tenir un stylo. Féministe convaincu, je verse beaucoup dans les questions de genres et d’égalité des sexes. J'espère que mes articles vous feront réfléchir ou vous fileront la patate. C'est pour ça que j'écris. ;)

2 commentaires sur “Grand froid, mafia et chasse au loup, bienvenue à « Lilyhammer » !

  1. Intox

    Dommage, j’ai déjà beaucoup trop de choses en cours à visionner ! Mais pourquoi pas pendant le break des séries !

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    1. Gary
      Gary

      Tu ne seras pas déçue A. 😉

      Répondre

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