La première fois… que j’ai fait le premier pas pour un mec

Je suis moins sélective en amour qu’en amitié. Je ne sais pas pourquoi, c’est comme ça. C’est tellement plus simple de les laisser faire tout le boulot et choisir ensuite. Moins de risques, moins de prise de tête mais également moins d’opportunités. Dans mes relations amoureuses (dis-moi que je ne suis pas la seule), j’attends qu’on vienne me chercher plutôt que de foncer quand quelqu’un me plaît. Pour cela déjà, il y a 3 raisons :

  1. Y a assez de mecs « en chien » alors autant les laisser venir d’eux-mêmes.
  2. La peur du râteau. Je ne suis pas la bombasse sur qui on se retourne mais j’ai quand même quelques atouts (en tout cas d’après les relou qui m’accostent dans les transports en commun. Ma bataille contre le harcèlement de rue est telle que certaines personnes me disent que je les saoule avec.) Donc moi, faire le premier pas c’est un peu mort. Surtout quand la plupart de mes potes me sortent en « swippant » sur Tinder, sans regarder 2 secondes « tu m’en voudras pas hein, les noires, c’est pas trop mon truc ». Je comprends respecte. Mais du coup, je comprends aussi que mon potentiel séduction est un peu naze.
  3. Je craque à 70% sur des mecs gays. Je vais prendre quelques lignes pour te faire un topo. Le premier à qui j’ai avoué mes sentiments, dans une lettre, très maladroitement à la fin CM2 car je pensais ne plus le revoir en 6ème reste aujourd’hui un très bon copain… Gay. Le deuxième aussi. Le cinquième aussi (et j’étais à la fac, donc ça ne va pas en s’arrangeant). Donc en bref, je ne sais visiblement pas interpréter les signes qu’on me renvoie. Même côté célébrités, je me fais avoir : récemment, c’est Christophe Beaugrand qui m’a brisée le coeur. Au nom de Wentwoth Miller, je fonds en larmes. Je pourrais être la porte-parole des filles qui se plantent ainsi tellement ça m’arrive. Je suis quasiment sûre que si je trouve l’homme de ma vie un jour, qu’il me quittera pour l’homme de sa vie.

Revenons-en à nos moutons.

Voilà qu’un jour, je croise un charmant jeune homme. Mais étant moi et surtout à cause des points précédents, je balaie l’idée d’un coup de main. Quelques mois passent et je remarque de nouveau ce jeune homme mais les choses ont changé. J’ai plus confiance en moi, je souris plus, je suis plus ouvertes aux échanges. Alors nous commençons à échanger, des « bonjour », des sourires, de longs regards… Bref. Pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que. Bah oui, il y a un sauf que. Moi, ça ne tourne pas rond dans ma tête et dans mon corps. À chaque fois qu’on se croise, voilà que je me sens toute chose et toute timide, que j’affiche un sourire incontrôlable (et niais) qui me reste jusqu’à la fin de la journée. C’est la première fois que ça me fait ça ! Aucun de mes copains n’avait réussi à provoquer autant de réactions simultanées en moi. Je crois que j’ai un coup de foudre.

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Mais c’est qui ce mec ?

Moi, je suis une stalkeuse professionnelle. Si j’ai besoin d’infos sur quelqu’un, si elles existent sur Internet je les trouverais. Au lycée, j’avais trouvé le numéro de téléphone portable et la date de naissance d’un prof de sport. Et je m’en suis servie. De la date de naissance pas du numéro de téléphone, stalkeuse pas harceleuse. On lui a souhaité bon anniversaire, il était un peu perplexe.

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Bref, voilà que je mets mes qualités de Veronica Mars en action mais manque de bol, impossible d’avoir plus d’informations que celles que je possédais déjà. Flûte ! Je fais quoi, moi, maintenant ? Je ne vais pas tenter ma chance en risquant qu’il soit déjà casé. Ou pire encore… Gay. Alors évidemment, à ce moment-là, j’ai recours aux forces supérieures, à savoir les copines. Au fur et à mesure, je leur balance le truc, du début jusqu’à la fin et la sentence est irrévocable : « bah, si t’essaies pas, tu sauras pas ». Franchement les filles, je vous adore hein. Mais même mon petit cerveau y avait pensé car c’est le conseil qu’on donne toutes pour se débarrasser de la copine relou qui parle du même mec pendant 10 ans alors qu’ils n’ont échangé qu’un bonjour. Ah bah. Oui, c’est moi la relou.

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Bref. « Invite-le a prendre un café » Ouai. Non, je ne peux pas, je ne suis pas encore assez suicidaire pour ça. Le temps passe. Déjà trois semaines que je saoule mes copines avec ce mec. En plus, il m’aide pas lui. Il a l’air encore plus timide que moi. Si je ne fais rien, il ne fera rien non plus. Et alors ? Ce serait juste la vingtième fois que ce scénario se produirait dans ma vie. Mais cette fois, il y a quelque chose de différent. Cette fois, mon instinct me dit que si je laisse passer ma chance, je vais regretter de ne pas avoir tenté. La voix de ce cher Patrick Bruel tourne en boucle dans ma tête

« Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets… Alors essaye. »

Et comme les conseils de Patrick sont plus efficaces que ceux de mes copines, je décide de mentalement me fixer une date limite. Pire encore, je l’ecris dans mon bullet journal comme un acte à accomplir à tout prix dans le mois. Les jours précédents la date limite, je tâtonne. Je continue de sourire comme une cruche à chaque fois qu’on se voit. Arrive la date fatidique.

Le matin même, j’inscris mon numéro de téléphone sur un bout de papier. Plus tard, après conseil, j’y ajoute mon prénom. « Parce que bon, c’est pas comme si tu t’appelais Alice ou Camille, pas facile à retenir ton prénom »

5 minutes avant l’évènement…

Je ne sais pas que 5 minutes plus tard, je serai dans un état encore inconnu par mon organisme.

4 minutes avant…

Je discute tranquillement avec une copine, on discute Indesign. Intéressant hein ?

2 minutes et 35 secondes avant…

Il passe, on se sourit. On se dit bonjour. J’entends ma copine me dire « il n’a d’yeux que pour toi, c’est dingue. Il ne m’a même pas calculée. » « donc c’est pas dans ma tête ? » « je ne pense pas… après il a peut-être quelqu’un. Mais vu son regard, j’ai pas l’impression. »

1 minutes avant…

Il repasse. « Go, go, go » dit ma copine et là… Là. Je vois mes jambes faire des pas. De magnifiques pas, plantée dans mes talons aiguilles. À ce moment-là, je me sens comme si j’étais l’enfant de Beyoncé, Taylor Swift, Olivia Pope, Blair Waldorf et Annalise Keating. Oui, que des mères. J’entends la voix de maman Blair qui dit :

« If you really want something, you don’t stop for anyone or anything until you get it »

Derrière-moi, il y a une énorme explosion, j’avance telle les badass que j’admire. Je suis une badass.

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Je me plante devant lui. Il sourit. Je lui tends le papier, je lui dis d’en faire ce qu’il veut. Il me regarde, me sourit et me dit « d’accord ». Je tourne les talons. Je l’ai fait. Je marche, d’autres explosions se produisent derrière-moi.

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Je l’ai fait. Je retourne dans la pièce où j’étais. Ma copine me regarde, je lui dis « je l’ai fait ». Elle est étonnée. Moi aussi. Je m’effondre sur une chaise. Ensuite, je rampe me cacher sous un meuble en répétant que non, je n’ai pas fait ça. Qu’il faut être tarée pour faire ce genre de chose.

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« MAIS POURQUOI J’AI FAIT ÇA ?! »

Parce que. Parce qu’il fallait tenter, parce que mon instinct me disait de le faire, parce que j’avais envie de le faire pour une fois, que c’était la première fois que mon courage surpassait ma fierté. Que pour une fois, dans ma tête, c’était plus simple de vivre avec le fait d’essayer et me prendre le rateau du siècle et de subir les conséquences après que de me poser la question de ce qui aurait pu se passer si j’avais osé. Et franchement, le sentiment le plus fort que j’ai ressenti après tout ça, c’est de la fierté. Et mes copines aussi, elles ont été fières car « j’aurais jamais osé » (MAIS MERCI DE ME CONSEILLER DE LE FAIRE, TRAÎTRESSES). C’est peut-être ce qui manque dans nos vies : l’impulsivité et le fait d’oser car après tout « au pire, on meurt hein ». (Mais pas trop souvent quand même, j’ai failli avoir une attaque quand même).

P.S.: Je remercie mes ex d’avoir fait les 999 pas qui ont mené au début de nos relations car moi, ne faire que le dernier, c’est quand même plus facile. Une petite standing ovation pour tous ces mecs qui prennent à chaque fois le risque, que l’on pense dénués de fierté : je compatis, mais continuez, on accouche nous.

As-tu déjà été à ce point suicidaire ?
Quel est le truc le plus fou que tu aies fait, qui t’as demandé énormément de courage et que tu n’as pas regretté par la suite ? Dis-moi tout en commentaires !

A propos de Windy

Rédactrice en chef passionnée de saumon fumé, de thé et d'égalité des sexe. Je rêve de travailler dans un bureau rempli de glaces Ben & Jerry’s avec des hommes torse nu m’éventant, telle Cléopâtre. La vie est trop courte pour se prendre la tête... ♥

6 commentaires sur “La première fois… que j’ai fait le premier pas pour un mec

  1. Barbara

    Chère Windy,
    Tu as bien fait de faire le premier pas. Je suis aussi dans ton cas où je préfère que ce soit lui qui fasse le premier pas.
    Tu as tenté ta chance et c’est top!
    Par ailleurs, et en revenant au début de ton article, tu n’es pas la seule à te battre contre le harcèlement de rue.
    Bonne soirée!
    PS : il me tarde ton prochain article.

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    1. Windy

      Nous vaincrons contre le harcèlement de rue !!!
      Merci (:

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  2. Intox

    La prochaine fois on appelle directement Patrick si tu veux ! :p (tu m’as fais trop rire)

    C’est très bien d’avoir fais le premier pas en tout cas ! Que ca porte ses fruits ou pas, car ce cher Patrick a raison !
    (Dis toi que j’ai harcelé Monsieur pour sortir avec alors tu n’as pas perdu ta dignité en donnant ton numéro toi XD).

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    1. Windy

      Ouai, bah ouai. La prochaine fois, Patrick ce sera mon go to boy.
      On n’a pas le même seuil de dignité je crois… xD Toi, t’as de beaux yeux, pas moi, ma dignité, c’est tout ce que j’ai pour moi lol.

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  3. Sandra

    Ah Windy, j’aurai pas cru que tu écrirais un article là-dessus et c’est franchement drôle !!! Oui, tu peux être très fière de toi, dans la vie parfois l’important c’est de faire ce que l’on a envie et il faut savoir provoquer le moment si celui-ci ne vient pas (surtout avec les mecs qui ne comprennent RIEN du tout aux différents signaux) !

    Ici dans mon bled paumé je ne suis jamais confrontée à des « mecs en chien » et vu que je ne suis pas très sympathique aux premiers abords : ils évitent de me parler ha ha ha ha ! Le mec gay je suis tombée une fois dans le panneau et ça m’a servi de leçon … C’est tellement frustrant : je sais les pister maintenant ! Et enfin, la peur du râteau … comment dire parfois les excuses sont tellement pourris : c’est juste LAMENTABLE !
    Je pense que lorsqu’on tombe sur LA bonne personne, on arrive pas à se dire qui a dragué qui, comment cela s’est passé et dans quelles circonstances …
    Bref, j’ai bien ri ce matin avec tes petites images <3

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    1. Windy

      Ahahaha, bah avec le recul, c’est très très drôle ce qui s’est passé. Je faisais moins la maligne sur le moment et les jours qui ont suivi… Mais voilà comme tu dis, parfois faut savoir provoquer le destin ! Ça n’a pas été concluant mais au moins, ça m’a bien reboostée 🙂

      Les excuses pourries, ça m’étonne que personne n’ai fait de bouquins dessus pour l’instant lol.

      Contente de t’avoir fait rire en tout cas 😉

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