Le pouvoir au blanc !

Quand une de tes amies travaille dans la culture, qu’une autre est fan de politique (si, si, je te jure !) et qu’une des rédactrices du webzine que tu animes parle de théâtre, tu te retrouves, un mardi soir au théâtre de la Cité internationale à regarder « Ceux qui errent ne se trompent pas » une pièce parlant politique mais surtout des conséquences sur une élection si le vote blanc l’emportait.

Que je te le dise tout de suite, la dernière pièce de théâtre à laquelle j’ai assisté, c’était en première ou en terminale, La Nuit de Valognes (un remake de l’histoire de Don Juan où celui-ci est gay). Moi, je suis plutôt du genre séries TV, sims et sites humoristiques à humour noir. Mais voilà, arrivée à 25 ans, visiblement, il faut grandir, étendre ses horizons parce que sinon, clairement, tu n’auras plus de vie sociale et tes conversations seront jugées « futiles ». Alors je me suis laissée emportée par mes deux copines au théâtre pour voir « Ceux qui errent ne se trompent pas ».

« Ceux qui errent ne se trompent pas » de Maëlle Poésy / Kévin Keiss

ceux qui errent ne se trompent pas

Aparté : ma première question a été « Est-ce que la metteuse en scène fait partie de la famille de Clémence Poésy ? » « Je ne sais pas mais il n’y a pas beaucoup de metteuse en scène alors c’est un plus ».

Scrutin inédit lors des élections. La majorité de la population de la capitale a voté blanc. Comment faire face à une révolution par les urnes ? Ceux qui errent… est un texte de politique-fiction, inspiré de La Lucidité de José Saramago autant que des crises démocratiques contemporaines. C’est une histoire de théâtre aussi puisque six comédiens incarnent tour à tour les ministres et le peuple en proie à cette situation politique jamais vue. Quel rapport au pouvoir cette crise révèle-t-elle ? Quel chemin à construire pour ceux qui la traversent ?

– Théâtre de la Cité internationale

En prenant en compte le climat politique actuel, le fait que pour la première fois de ma vie, je souhaite m’y intéresser (et heureusement car on a une chronique à ce sujet !), la présentation m’a mis l’eau à la bouche et je me suis dit : on y va (le jour-même, à 10h du début de la pièce, alors que c’était prévu depuis plusieurs semaines…)

De la politique, des vérités et de l’absurde

Ce qu’il faut savoir c’est que la parole est principalement donnée au corps politique. C’est la réaction du gouvernement que nous suivons mais je ne veux pas trop en parler, l’effet de surprise est très important dans cette pièce. Les réactions et les paroles des politiques sont souvent (tout le temps) absurdes mais on se dit tout de même que derrière cette parodie, il y a un fond de vérité… Cette pensée que les politiques font les choses pour eux et non pour leurs électeurs, qu’ils ont raison et que nous avons tort, de toute façon.

Le jeu des acteurs est réellement intéressant, il n’y a que 6 acteurs mais plus de personnages que cela et la maîtrise qu’ils ont de leur art fait qu’on se laisse facilement emporter, qu’on passe d’un personnage a un autre sans se perdre. Chacun des personnages possède son identité aussi absurde qu’elle puisse être. Car de l’absurde, il y en a, il a été poussé à un certain extrême qui fait que certains détails sont incompréhensibles.

Ce qu’il faut également souligner, c’est l’ambiance dans la salle. Cette impression de regarder un film mais avec les petits plus que seul le théâtre peut offrir : les odeurs, le froid dû à « la tempête » se déroulant sur scène, le rire communicatif des autres. La pièce dans sa globalité laisse à réfléchir. Quand on en ressort, on se pose des questions et on pose des questions aux autres pour savoir s’ils ont compris comme nous.

« Ceux qui errent ne se trompent pas » est une pièce actuelle, dans l’air du temps, loin des pièces classiques que l’on avait l’habitude de voir plus jeunes. Comme quoi, il ne faut pas avoir peur de regarder les programmes, de réserver et juste d’oser franchir l’entrée d’un théâtre. C’est un peu comme quand on va au cinéma, parfois ce que l’on voit nous plaît, parfois non. Je dois avouer avoir laissé mes yeux se fermer l’espace de quelques secondes.

 

« Ceux qui errent ne se trompent pas » est en représentation jusqu’au 18 décembre au Théâtre de la Cité internationale. Pour réserver, rendez-vous sur le site du théâtre.

A propos de Windy

Rédactrice en chef passionnée de saumon fumé, de thé et d'égalité des sexe. Je rêve de travailler dans un bureau rempli de glaces Ben & Jerry’s avec des hommes torse nu m’éventant, telle Cléopâtre. La vie est trop courte pour se prendre la tête... ♥

Un commentaire sur “Le pouvoir au blanc !

  1. Intox

    Le thème abordé est actuel ca à l’air pas mal !

    Répondre

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